Voir/Lire/Ecouter

Lire : Ursula Krechel Terminus Allemagne

Meurtrissures humaines.

Mars 1948. Presque 10 ans que Richard Kornitzer n’a pas revu son pays, l’Allemagne. Il débarque 5 mois plus tard sur le quai de la gare de Lindau, en Bavière, et retrouve sa femme, Claire : oui, c’est bien elle, c’est toujours elle…

D’origine juive, Richard Kornitzer a progressivement été mis à l’écart de la société dès 1934, perdant d’abord son poste de magistrat, puis ses droits de citoyen, à mesure que les lois raciales étaient adoptées. Son épouse Claire, aryenne, est également inquiétée, acculée à la ruine, proscrite et maltraitée par la Gestapo… Quant à leurs deux enfants, Georg et Selma, le couple est contraint de les cacher en Angleterre. La famille Kornitzer, dès lors, est éparpillée, Richard fuyant à Cuba en 1939.

Le roman d’Ursula Krechel, prix du livre allemand 2012, revêt une intensité singulière, peut-être parce ce qu’il s’inspire d’une histoire vraie : celle d’un homme ordinaire, revenant dans son pays après un exil long et forcé, réapprenant à vivre, à aimer, à se reconstruire, à l’image du pays en ruines qu’il retrouve. Richard Kornitzer doit tenter de reconstruire une relation de couple, de retrouver l’affection de ses enfants devenus adultes, de choisir un nouveau foyer, de faire valoir ses droits professionnels.

Toutes ces étapes prennent du temps, engendrent mille soucis et, malgré l’extrême ténacité de Kornitzer, ne sont pas toutes couronnées de succès… Cette situation aura des conséquences sur la santé du juge Kornitzer, son rapport aux autres et finira par l’épuiser et le rendre quelque peu désabusé.

Un récit poignant sur l’Histoire qui renverse les existences, sur le sentiment d’appartenance, sur la famille et l’amour.

Et aussi sur l’espoir d’un lendemain meilleur.

Arnaud Robert.

19€, Carnets Nord / Éditions Montparnasse
448 pages
Format 140 x 210 mm
Traduit de l’allemand par Barbara Fontaine

 

Laisser un commentaire