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Critique Film : « Cristeros » de Dean Wright, film politiquement incorrect ?

Synopsis et détails:

En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l’Histoire du Mexique.

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Notre Avis:

Le long-métrage de l’américain Dean Wright consacré à la guerre des Cristeros qui fit autour de cent mille victimes civiles au Mexique de 1926 à 1929 sort enfin en France. Il est étonnant que cette fresque, un des plus gros budget du cinéma méxicain, qui a réalisé plusieurs millions de dollars de recettes aux USA ne sortent que maintenant en France, deux ans après sa réalisation. Il est vrai que les valeurs portées par cette oeuvre historique ne sont pas en phase avec celles de « l’intellegensia » hexagonale…

Petit rappel historique. La guerre des cristeros est une insurrection de paysans catholiques contre un gouvernement laîc et franc-maçon qui entendait retirer à l’église, très puissante au Mexique à l’époque, son influence sur la vie publique. Le président Calles a ainsi fait fermer de force des églises, arrêter des prêtres, maltraiter des fidèles… les manifestations hostiles aux projets gouvernementaux furent durement réprimées. Une réaction à la vendéenne s’est alors développée, une guerilla qui a viré à un affrontement virulent entre 100000 « chouans » insurgés et 50000 soldats de l’armée régulière. Les combats ont duré trois ans et se sont poursuivis au-delà d’un armistice de façade signé en 1929, après que le pouvoir méxicain eut fait quelques concessions suite aux pressions du Vatican. Le bilan humain de cette tragédie fut effroyable, exécutions sommaires, massacres, viols de masse, pendaisons de prisonniers et de leurs familles à des poteaux télégraphiques… à l’image des guerres de Vendée ou des exactions des armées nordistes en 1864 en Virginie et en Caroline du sud. Des horreurs qui laissaient présager ce qui allait advenir au vingtième siècle dans les dictatures dîtes de « gauche » à travers le monde, où la répression fut souvent plus terrible que dans les régimes « fascisants »…

 

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Partout où ce film a été diffusé le public a suivi. L’acteur principal, Andy Garcia, est convaincant dans le rôle du général rebelle. Peter O’Toole, dans sa dernière apparition à l’écran, est excellent, interprêtant avec justesse le rôle du curé assassiné de sang-froid par les soldats gouvernementaux. La réalisation est efficace et prenante. Mais alors pourquoi cette oeuvre n’a pas été diffusée plus tôt en France, et pourquoi les médias officiels n’en font pas une juste promotion ?

C’est que les thèmes évoqués par le film dérangent. Combattre pour défendre une foi, des valeurs morales, un mode de vie et d’une manière générale des principes conservateurs, cela est insupportable pour notre oligarchie culturelle de bobos bien-pensants tendance socialisme de salon ; une exception française. De plus cette production est sortie des boîtes au mauvais moment en France. Celui où une partie de la population était dans la rue pour protester contre les lois sur le mariage gay. Des manifs pour tous réunissant des centaines de milliers de protestataires qui en ont étonné plus d’un ; car malgré le bourrage de crâne permanent sur les droits des uns et des autres, des gens sont descendus dans la rue pour défendre des devoirs, en l’occurence ceux de protéger la famille et surtout les enfants. A tort ou à raison. Du coup la sortie en France d’un film comme « Cristeros » faisait mauvais genre et risquer de galvaniser une partie des « réactionnaires militants ». Car il y a un parallélisme entre les deux causes, la remise en cause de principes moraux issus de la doctrine de l’église par un gouvernement certes légitime car élu, mais composé de nombreux membres de réseaux philosophiques à l’instar du président mexicain Calles. Conflits d’intérêts, de conceptions de la société, de principes.

Je ne suis pas « catho-tradi », ni franc-maçon. Je pourrais être l’un ou l’autre, on me l’a proposé. Mais les officines de bourrage de crâne ne m’intéressent pas. Le cinéma de propagande de type indigènes, mon colonel, 24 jours, la marche ou encore qu’est qu’on a fait au bon dieu ? très peu pour moi. Du coup qu’un film « catho » sorte sur les écrans français m’amuse beaucoup, rien que pour imaginer les critiques acerbes et convenues des scribouillards des inrocks ou du nouvel obs‘ (!). Pourtant un humaniste progressiste se doit d’être aux premières loges pour dénoncer les crimes de masses, y compris ceux commis par des régimes de « gauche ». 

Il s’agit bien là d’un problème culturel spécifique à notre pays. Les vendéens, les sudistes américains, les boers et les cristeros mexicains sont considérés comme des crétins refusant le progrès et le bon sens. Pour certains leur mort était donc justifiée, comme Staline et Beria ont justifié l’extermination de 6 millions de paysans ukrainiens en deux ans car ils trouvaient ces gens idiots et arriérés. Pire, ils ne pensaient pas comme eux, n’avaient pas leurs représentations mentales. Au fait, quels manuels d’histoire évoquent le triste sort des cristeros et des paysans d’Ukraine ? Les morts de « droite » ont-ils moins d’importance que ceux de « gauche » ? Vaste sujet de débats…

Pour conclure évoquons le cas de Mélenchon appelant à « chasser les électeurs du FN« … des gens qu’il juge bêtes et stupides. Ce personnage arriverait aux affaires il y a fort à parier que sa police politique s’en donnerait à coeur joie… sans discernement en plus. Les véritables démocrates sont ceux qui acceptent la différence, les opinions et le mode vie de l’autre. Les extrêmistes sont les sectaires qui refusent toute discussion et toute réflexion ; pour eux il y a les « bons » et les « méchants » à combattre, point barre. Staline, Mao, Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet, Castro et autres ne formaient qu’un ensemble de dictateurs imposant leurs vues culturelles. Or les catholiques pratiquants, comme les athées, les gens de couleur, les musulmans, les gays, les royalistes romantiques, les paysans ukrainiens et les témoins de Jehovah ont le droit de vivre et de cohabiter pacifiquement, dans le respect de ce qu’ils sont. C’est le principe de base de la démocratie, a priori…

merci à Agoravox

 

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Pour toute information, visite le site Internet www.cristeros-lefilm.fr

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