Les voyageurs au départ de Beauvais-Tillé, Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, pourraient vouloir prévoir une marge supplémentaire avant leur prochain vol.
D’après une analyse menée par Luko by Allianz Direct, l’aéroport figure parmi les plus touchés par les retards en France, avec 75, 60 et 22 minutes de retard pour 100 départs. Un niveau bien au-dessus de certains aéroports régionaux, où les retards sont quasi inexistants.
Dans certains cas, l’écart peut être frappant : le risque de retard peut être jusqu’à 75 fois plus élevé selon l’aéroport choisi.
Les aéroports français les plus touchés par les retards :
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Aéroport de Beauvais-Tillé
Avec 75 minutes de retard pour 100 départs, Beauvais arrive en tête du classement.
Sur 15 757 vols analysés, l’aéroport cumule 11 845 minutes de retard sur la période étudiée. À titre de comparaison, cela représente près de 110 fois plus de minutes cumulées que l’Aéroport de Caen-Carpiquet, qui affiche seulement 1 minute de retard pour 100 départs.
Malgré un trafic plus modeste que les grands hubs parisiens, sa forte dépendance aux compagnies low-cost rend la planification plus sensible aux imprévus : une rotation perturbée peut rapidement affecter toute la journée.
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Aéroport de Bergerac-Roumanière
Bergerac enregistre 72 minutes de retard pour 100 départs, soit un niveau très proche de Beauvais (à seulement 3 minutes d’écart).
Mais l’élément le plus marquant reste son évolution : +2 097 % en cinq ans. Là où certains aéroports ont stabilisé leur situation après la crise sanitaire, Bergerac a vu ses retards exploser, preuve qu’un faible volume de vols peut amplifier les variations.
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Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle
Premier aéroport français en nombre de passagers, Paris-Charles-de-Gaulle cumule plus de 108 000 minutes de retard entre 2020 et 2025.
Rapporté au trafic, cela représente 60 minutes de retard pour 100 départs, soit 15 minutes de moins que Beauvais, mais un volume total près de 9 fois supérieur, en raison de l’intensité du trafic.
Ici, l’effet volume joue pleinement : correspondances internationales, densité du trafic, contraintes opérationnelles… Quand un maillon ralentit, toute la chaîne en subit les conséquences.
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Aéroport de Nice-Côte d’Azur
Nice affiche 41 minutes de retard pour 100 départs, soit presque deux fois moins que Beauvais, mais reste nettement au-dessus de la moyenne des petits aéroports régionaux.
La forte saisonnalité, notamment en été, met les infrastructures sous tension. En période touristique, la pression peut rapprocher ses performances de celles des grands hubs.
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Aéroport de Calvi-Sainte-Catherine
Avec 33 minutes de retard pour 100 départs, Calvi se situe en dessous de Nice, mais très loin des plateformes les plus ponctuelles. Son niveau reste 33 fois supérieur à celui de Caen-Carpiquet ou de l’Aéroport de Brive-Souillac, qui affichent seulement 1 minute de retard pour 100 vols. L’insularité et la dépendance aux conditions météorologiques rendent l’exploitation plus vulnérable aux aléas.
Les aéroports les plus ponctuels :
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À l’autre extrémité du classement, plusieurs aéroports régionaux semblent presque immunisés contre les retards.
0 minute de retard pour 100 départs :
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Aéroport de Brest-Bretagne
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Aéroport d’Agen-La Garenne
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Aéroport d’Angers-Marcé
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Aéroport d’Annecy-Meythet
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Aéroport de Cannes-Mandelieu
Dans ces plateformes à trafic modéré, la gestion des flux est plus fluide et les effets domino beaucoup plus rares.
1 minute de retard pour 100 départs :
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Aéroport de Caen-Carpiquet
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Aéroport de Brive-Souillac
Entre Beauvais (75 minutes) et ces aéroports (1 minute), l’écart est simple : le risque de retard y est 75 fois plus élevé.
Les experts de chez Luko by Allianz Direct ajoutent :
« Les écarts observés entre les aéroports ne relèvent pas du hasard. Les grandes plateformes internationales, comme l’Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, concentrent un trafic dense, des correspondances complexes et une forte exposition aux contraintes extérieures : météo, régulation européenne du trafic aérien, rotations d’appareils. Dans ces environnements, le moindre incident peut générer un effet domino et impacter plusieurs vols successifs.
Pour les voyageurs, cela signifie qu’un simple décalage de 30 à 60 minutes peut entraîner une correspondance manquée, une nuit d’hôtel imprévue ou des frais supplémentaires. C’est précisément pour répondre à ces situations qu’existent des garanties spécifiques comme l’assurance retard de transport, qui prévoit une indemnisation lorsque le retard dépasse un certain seuil.
Anticiper l’imprévu, c’est transformer un retard en simple désagrément plutôt qu’en véritable rupture de voyage. »
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source : Luko by Allianz Direct
https://fr.luko.eu/assurance-voyage/.
Méthodologie :
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L’assurance voyage Luko by Allianz Direct a souhaité identifier quels aéroports en France sont les plus touchés par les retards.
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Pour ce faire, nous avons utilisé les données européennes sur les retards avant le départ, disponibles dans la base Eurocontrol. Ces données indiquent, pour chaque vol, combien de minutes de retard ont été enregistrées avant le décollage.
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Pour pouvoir comparer les aéroports entre eux, nous avons calculé le retard moyen par vol en rapportant le nombre total de minutes de retard au nombre total de départs pour chaque aéroport. Cette approche permet d’éviter de privilégier uniquement les aéroports très fréquentés, en se concentrant sur le retard réel ressenti par chaque vol.
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Ensuite, nous avons regroupé les données par année afin d’analyser l’évolution des retards au fil du temps. Cela nous a permis de repérer quels aéroports ont vu leurs retards augmenter ou diminuer de manière significative au cours des dernières années.
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Les données ont été récoltées en février 2026 et sont correctes à cette date.
Photo &© Reworld Media
