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Bertrand Delanoë 10 millions d’euros = 60 places pour les » gens du voyage »

Une aire d'accueil serait aménagée à proximité de l'hippodrome de Longchamp.
Une aire d’accueil serait aménagée à proximité de l’hippodrome de Longchamp.Crédits photo : ph.guignard/air-images.net/ph.guignard/air-images.ne

INFOGRAPHIE – Au prochain Conseil de Paris, Bertrand Delanoë veut faire voter les demandes d’autorisations afin de construire 60 places pour les nomades. Coût : 10 millions d’euros.

Le bois de Boulogne, ses arbres centenaires, ses clubs sportifs très privés… et bientôt son aire d’accueil des gens du voyage? C’est en tout cas le souhait de la Mairie de Paris. Après avoir un temps envisagé la création d’un lieu d’accueil dans le square René-Parodi, près de l’avenue Foch (XVIe), la municipalité revient donc à la charge.En tout début de semaine prochaine, elle fera voter au Conseil de Paris une délibération concernant la dépose des demandes d’autorisations administratives afin de construire deux aires, l’une dans le bois de Boulogne et l’autre dans celui de Vincennes (XIIe). Elles pourraient abriter respectivement 35 et 28 places, sur des zones de parking «très dégradées» aux dires de la Mairie de Paris. La première se situe route des Tribunes, à deux pas de l’hippodrome de Longchamp et du Polo de Paris. La seconde est établie sur le plateau de Gravelle. Coût total de l’opération: 10 millions d’euros.«Encore un énième projet de la municipalité qui s’entête à mettre des gens du voyage dans notre arrondissement!», peste Claude Goasguen, député maire UMP du XVIe. Car, en réalité, l’idée d’installer de telles structures dans les deux poumons verts de la capitale n’est pas nouvelle. «Elle remonte même à l’an 2000 et à l’obligation pour les communes d’implanter des lieux d’accueil pour les familles nomades dont l’un des membres est hospitalisé», rappelle Olga Trostiansky, en charge de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion.En 2004 est donc décidée, en accord avec le préfet de région, la création de 200 places à Paris, chiffre abaissé à 90 en 2009. Deux ans plus tard, en 2011, une demande est présentée à la commission départementale de la nature, des paysages et des sites de Paris, les deux bois étant classés. L’instance émet un avis favorable au projet de Vincennes, tout en recommandant une meilleure intégration au paysage. En revanche, la commission dit niet à l’aire d’accueil projetée dans le XVIe. Raisons invoquées à l’époque: la situation en zone d’expansion des crues dans le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), d’une part, et le manque de préservation de «la valeur paysagère du bois de Boulogne», d’autre part. Quelques mois plus tard, la Commission supérieure des sites émet cette fois un avis défavorable sur les deux projets.

«Un coup d’esbroufe»

Après cet échec, la Ville de Paris a donc revu sa copie en y intégrant, du coup, l’aspect paysager, comme cela lui avait été préconisé. «Nous allons ainsi végétaliser la totalité du parking face à l’hippodrome du bois de Vincennes sur 2 ha, dont seulement 0,53 pour l’aire d’accueil», détaille Olga Trostiansky. À l’Ouest, il est aussi question de transformer les anciennes places de stationnement en «espace arboré de type prairie, sur 3,5 ha» où sera intégrée l’aire dédiée aux nomades (0,67 ha). Reste, comme le relève Claude Goasguen, que l’emplacement du bois de Boulogne demeure en zone inondable. «C’est un coup d’esbroufe de la Mairie, le projet sera retoqué pour les mêmes raisons qu’en 2011. Et si le préfet de Paris donne toutefois son accord, la décision sera de toute façon annulée par le tribunal administratif.» Pour le bois de Boulogne, en tout cas, le terrain retenu dans celui de Vincennes n’étant pas inondable.

Olga Trostiansky précise que les gens du voyage resteront entre trois mois et un an, selon un protocole défini par les services sociaux et l’AP/HP, et que les enfants de ces familles seront scolarisés «dans une école parisienne de secteur».«Il s’agira de familles françaises et non de Roms», précise-t-elle. En outre, elle ajoute qu’un gardien sera présent en permanence sur chacun des sites «aussi bien pour la tranquillité des riverains que celle des gens du voyage». Dans le voisinage, on s’inquiète néanmoins. Si le Polo de Paris, à deux pas, se refuse à tout commentaire, France Galop, gestionnaire de l’hippodrome de Longchamp, émet pour sa part «les plus vives réserves, dans la mesure où l’aménagement ne s’intègre pas avec l’image que nous souhaitons donner au nouveau Longchamp». Si les projets recueillaient un avis favorable et obtenaient l’aval des ministres de l’Environnement et du Logement, Delphine Batho et Cécile Duflot, ils pourraient voir le jour en 2014.

source -le figaro

crédit photo -Reuters

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