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Les indésirables Prolophobie Diane de Bourguesdon.

« À l’écart de la France des métropoles où vivent ceux qui créent la richesse et en jouissent, se tient une autre France, une France paupérisée, délaissée, oubliée. Une France que l’on veut réduire au silence. »

Critique du livre/
. C’est un essai court, incisif et engagé.  Diane de Bourguesdon, consultante en stratégie et communication, chroniqueuse régulière au FigaroVox et au JDD, dénonce dans son premier essai ce qu’elle appelle la « prolophobie » : un mépris systémique des élites (médiatiques, politiques, judiciaires et culturelles) envers les classes populaires, le « petit peuple » de la France périphérique, paupérisée et délaissée.
Le livre oppose la France des métropoles (créatrice de richesse, connectée, « ouverte ») à une autre France oubliée, qu’on voudrait réduire au silence. L’autrice accumule les exemples de deux poids, deux mesures : justice à géométrie variable, traitement médiatique différencié, condescendance culturelle. Elle part souvent de faits divers tragiques (comme le contraste entre certains criminels « issus de la diversité » bénéficiant d’irresponsabilité pénale et d’autres profils plus sévèrement jugés) pour illustrer une forme de discrimination inversée ou de partialité institutionnelle. Les points forts
  • Style direct et accessible : L’essai se lit facilement. Bourguesdon écrit avec colère contenue et indignation légitime, sans jargon excessif. C’est un « coup de poing » comme le qualifient certains.
  • Thème pertinent : La fracture entre élites et peuple (ou entre centres urbains et périphéries) est réelle et documentée par d’autres auteurs (Christophe Guilluy, etc.). La « prolophobie » est un néologisme percutant qui cristallise un sentiment largement partagé dans une partie de la population.
  • Exemples concrets : Elle relie mai 68, le wokisme, la désindustrialisation et les dysfonctionnements judiciaires/médiatiques dans une grille de lecture cohérente.
  • Actualité : Publié en 2026, il résonne avec les tensions sociales françaises persistantes.

Mon avis 

C’est un essai militant de qualité, bien écrit et courageux dans le paysage éditorial français. Il donne une voix articulée à un ressentiment populaire réel et souvent méprisé. Il ne révolutionne pas la pensée (on retrouve des thèmes déjà présents chez Zemmour, Rioufol, Onfray ou Guilluy), mais il les synthétise avec force et actualité. Si tu te sens proche des thèses de la France périphérique et critiques des élites « woke » ou déconnectées, tu l’apprécieras beaucoup (notes élevées sur Fnac/Amazon chez les lecteurs). Si tu es plus centriste ou de gauche, il t’agacera probablement par son manque de nuance.
Note  : 8/10. Un bon pamphlet sociopolitique, utile pour comprendre un courant de pensée important en France aujourd’hui, mais à lire avec un esprit critique.
T.Le Hutin 
Fayard (collection Pensée libre, environ 128 pages,10,00 €)

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