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Lire:Pardès JEAN THIRIART – qui-suis-je?

 

Un militant révolutionnaire inclassable, Jean Thiriart.

La figure de Jean Thiriart est assez méconnue du plus grand nombre et, pour le public averti, sa pensée reste souvent mal comprise, voir incomprise. Né à Bruxelles en 1922 dans un pays trop étriqué pour lui, issu d’une famille de la petite bourgeoisie de tradition libérale de gauche, Jean Thiriart est un autodidacte accompli, curieux, ayant à cœur de comprendre, boulimique de lectures scientifiques, historiques, sociologiques, avec un intérêt tout particulier pour Pareto, théoricien de l’école élitiste. Son itinéraire est pour le moins singulier : d’abord socialiste, puis national-socialiste (voie médiane entre le capitalisme ploutocratique et le communisme outrancier), soutien à l’OAS et enfin national-communautarisme européen. Car le fil conducteur du parcours de Thiriart, par delà l’évolution de sa pensée, c’est l’européisme, l’avènement d’une Europe de Dublin à Vladivostok.

En parallèle à l’activisme militant, Jean Thiriart développe une vie professionnelle riche et prestigieuse dans le secteur de l’optique : il est chef d’entreprise et propriétaire de cinq magasins d’optique, Opterion. Il s’engage également à fond pour la reconnaissance de l’optométrie et, outre de nombreuses autres responsabilités institutionnelles ou syndicales, Thiriart devient directeur administratif de la Société d’optométrie de Belgique.

Fondateur du Comite d’action et de défense des Belges d’Afrique, en 1960, au moment de l’indépendance du Congo, Thiriart entend répondre à la détresse des Belges d’Afrique et amorcer une phase de démarrage politique qui va se concrétiser à travers le Mouvement d’Action Civique (MAC) un an plus tard. Il s’agit alors d’exercer un contrôle moral sur la vie politique. Le MAC évolue vers une phase européenne jusqu’à la naissance de Jeune Europe, dès le printemps 1961, en pleine période de l’affaire algérienne qui voit le mouvement soutenir l’OAS et l’Algérie française. Mais la structuration de Jeune Europe se met véritablement en place en 1962. Jeune Europe, qui se décline également via un hebdomadaire, prône le rejet du communisme et de la ploutocratie, l’opposition aux racismes, la neutralité de l’Europe ou encore la réunification de l’Allemagne.

En 1964, Thiriart publie une synthèse claire, simple et accessible destiné aux militants, « Un Empire de 400 millions d’hommes ». Dans un souci d’efficacité, l’hebdomadaire « Jeune Europe » disparait en 1967 pour privilégier le mensuel « La Nation européenne ». La même année, est fondée la Société d’optométrie d’Europe, dont Jean Thiriart devient président et où son influence, jusqu’en 1981, est très nette, préfigurant l’Europe unitaire !

Thiriart revient en politique en 1980, à travers plusieurs entretiens, centrés sur l’Empire euro-soviétique. Thiriart se rend à Moscou en 1992, où il rencontre et consulte de nombreuses personnalités : Ligatchev, Babourine, Alksnis, Doughine, etc.

Le matérialiste athée Jean Thiriart s’éteint soudainement, en 1992, victime d’une crise cardiaque. Un portrait pleinement réussi d’un européen atypique, réalisé par un proche de Thiriart, Yannick Sauveur.

Arnaud Robert.

Qui suis-je ? » Thiriart, Editions Pardès, 2016.
14×21, 128 p., illustré, 12 €
ISBN 978-2-86714-504-9

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1 commentaire

  • Cher Monsieur,

    J’ai pris connaissance de la recension que vous avez faite de mon dernier livre consacré à Jean Thiriart. J’ai beaucoup apprécié votre souci d’objectivité et je tenais à vous en remercier.

    Sincèrement vôtre,

    Yannick Sauveur

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