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Lire: Salan, qui suis-je ? de Jean-Paul Angelelli et Bernard Zeller

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Salan le résistant

Le nom du général Salan est associé, pour le grand public, à ce que les bien-pensants nomment pudiquement les « événements d’Algérie », mais si la figure de Raoul Salan reste en effet indissociable du combat pour le maintien de l’Algérie dans la France, toute son existence suit les tempêtes de l’Histoire de France du siècle dernier.

Né en 1899, engagé volontaire en 1917, Salan connait le baptême du feu le 20 octobre 1918 dans la région de Verdun ; il sera cité à l’ordre de la brigade le 29 décembre 1918. Après la guerre, sa carrière sillonne les différents mandats de la France et les possessions de l’Empire. Salan est grièvement blessé en Syrie en 1921 et reçoit la Légion d’honneur. Affecté en Indochine en 1924, il y restera jusqu’en avril 1937, vouant une véritable passion à ce fleuron de l’empire colonial français. De retour en métropole, Salan est muté au Service de renseignement intercolonial, puis accède au grade de chef de bataillon en 1938. En juin 1940, il prend part, avec son bataillon, à des combats défensifs violents sur la Somme, ce qui lui vaut d’être promu officier de la Légion d’honneur le 21 août 1940. Devenu colonel en 1943, il commande le 6e régiment de tirailleurs sénégalais qui s’illustre en Provence, puis dans le Doubs et la rive gauche du Rhin, d’août à décembre 1944. Le 25 décembre, Raoul Salan devient général de brigade.

Il repart dès octobre 1945 en Indochine, à la demande de Leclerc, où ses responsabilités (directeur des troupes coloniales, puis adjoint opérationnel de De Lattre) ne cesseront de croître jusqu’au commandement en chef des forces. Salan quitte définitivement l’Indochine en octobre 1954.

En 1956, Raoul Salan, général d’armée, prend le commandement supérieur interarmées en Algérie. L’Histoire s’accélère : attentat du bazooka visant Salan en 1957, terrorisme permanent des tueurs du FLN, retour de Charles De Gaulle au pouvoir en juin 1958, promesse de celui-ci de maintenir l’Algérie dans la France, trahison de la parole donnée 15 mois plus tard, putsch des généraux en 1961… Salan, chef de l’OAS, est entré dans la clandestinité, refusant d’abandonner l’Algérie aux terroristes. Arrêté à Alger peu après les « accords d’Evian » du 8 avril 1962, Salan est condamné à la détention criminelle à perpétuité et sera libéré en juin 1968. Le général Raoul Salan meurt en 1984.

C’est une biographie très fouillée, rigoureuse et équilibrée de Salan qu’ont rédigé à quatre mains Jean-Paul Angelelli et Bernard Zeller. L’ouvrage s’articule en deux parties principales, avec comme césure l’année 1956 : l’avant et l’après guerre d’Algérie. On découvre en Salan un homme simple, calme, profondément humain, attaché à la parole donnée et dont l’existence tout entière aura été dédiée à la France. L’honneur ne souffre ni l’oubli, ni le pardon pour la liquidation tragique de l’Algérie par un politicien galonné et narcissique.

Arnaud Robert.

ar@infos-75.com

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