- Enquête solide et documentée : Ploquin compile des éléments d’enquêtes judiciaires, témoignages et éléments factuels sur le milieu du mannequinat des années 80-2000. Il montre bien comment le système Epstein s’est nourri des failles de l’industrie de la mode (pression sur les filles, « si tu veux réussir, il faut coucher », agents tout-puissants, clients riches et influents).
- Angle français pertinent : Il recentre le débat sur Brunel et le contexte parisien, ce qui apporte un éclairage utile souvent négligé dans la couverture médiatique anglo-saxonne.
- Style journalistique : Fluide, factuel, sans sensationnalisme inutile. Le livre se lit comme une longue enquête de presse.
Le milieu de la mode dans le livre Frédéric Ploquin décrit Paris comme l’épicentre du système Epstein en Europe, précisément grâce au milieu du mannequinat des années 1980-2000. Jean-Luc Brunel y joue le rôle central : scout et agent très influent (agences Karin Models puis MC2 financée par Epstein), il repérait des jeunes filles souvent très jeunes (mineures ou tout juste majeures), venues de province française ou de l’étranger (Europe de l’Est, Amérique latine, etc.), attirées par le rêve de la mode parisienne. Le livre montre un système de prédation structuré :
- Casting « sauvages », soirées en boîte, promesses de contrats.
- Pression classique du milieu : « Si tu veux réussir, il faut coucher ».
- Usage de drogues (cocaïne distribuée librement).
- Emprise psychologique + financière sur des filles souvent vulnérables et isolées.
- « Rabattage » vers Epstein : les filles étaient envoyées aux États-Unis sous prétexte de travail, puis abusées.
Ploquin insiste sur l’impunité dont bénéficiaient ces hommes « tout-puissants » (agents, clients riches, influenceurs du milieu). Le monde de la mode parisienne est présenté comme un terrain idéal : beauté, jeunesse, précarité, absence de contrôles et omerta généralisée. Brunel n’était pas un loup solitaire, mais un maillon bien intégré dans ce milieu. C’est l’un des apports les plus intéressants du livre : montrer que l’affaire n’est pas seulement américaine, mais qu’elle s’est nourrie des failles structurelles de l’industrie française du mannequinat.
Les réactions au livre Côté médiatique et public :
Le livre a été bien accueilli dans les médias (RTL, Franceinfo, etc.). Ploquin a fait plusieurs interviews où il insiste sur le caractère français de l’affaire et le nombre sidérant de victimes. Il exprime son « atterrement » face à l’ampleur du système et à la culpabilité/shame ressentie par beaucoup de survivantes. La sortie a relancé le débat sur les complicités et l’inaction passée en France. La polémique majeure avec les victimes :
Quelques jours après la parution (fin mai 2026), quatre victimes ont publiquement dénoncé l’ouvrage via leur avocate.
Elles reprochent à Ploquin :
- D’avoir reproduit ou décrit avec une grande précision des extraits de leurs auditions policières (confidentielles).
- Sans les avoir contactées ni demandé leur consentement.
- Avec des détails « d’une précision insoutenable » sur les violences subies.
Elles parlent d’un « nouveau traumatisme » et d’atteinte à leur vie privée. Leur avocate évoque une possible plainte. Ploquin se défend en invoquant le devoir d’information et la nécessité de dénoncer les lenteurs judiciaires, mais cette controverse a fortement terni la réception du livre. Globalement, les réactions sont partagées : salué pour son enquête sur le volet français, mais critiqué sur le plan déontologique.
Conclusion
- Auteur : Frédéric Ploquin,
- Editeur : Nouveau monde
- Parution : 20/05/2026
- EAN : 9782380948837
- 304 pages
- Prix : 21,90 €
