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Et si on fichait la paix à Dieudonné ?

La Licra ne désarme pas. Sa délégation de Gironde vient d’écrire au maire de Bordeaux pour lui demander d’interdire un spectacle de Dieudonné. Sa bête noire doit se produire à la patinoire de Mériadeck, le 4 avril prochain.

dieudonne

La rhétorique est connue. Pas question pour la Licra et ses semblables qu’un élu « puisse recevoir dans une salle qui lui appartient une personne qui clame son antisémitisme ». Pas question « d’offrir une tribune à ce personnage ». Pas question de tolérer pareil spectacle « compte tenu du passé judiciaire de Monsieur Dieudonné M’Bala M’Bala ».

Je sais ce combat perdu d’avance mais je voudrais, une fois encore, rappeler que la liberté d’expression devrait valoir pour tous. À commencer par nos pires ennemis, ceux dont nous combattons les idées. Et qu’on ne me fasse pas le coup des idées qui n’en seraient pas mais qu’il faudrait classer dans la rubrique « crimes et délits »

Je voudrais rappeler qu’il est des pays comme les États-Unis – mais les citer équivaut à agiter une sorte de muleta devant nos valeureux défenseurs du Bien et du Vrai transformés soudain en Miura – où l’on a vu des militants de l’équivalent de la Ligue des droits de l’homme local manifester pour que… le Ku Klux Klan puisse défiler. Au nom justement de la liberté d’expression.

Je voudrais rappeler que les interdictions, les censures, les mises à l’écart, les condamnations à répétition ont l’effet inverse de celui recherché. Elles ne servent qu’à attiser la curiosité. Elles rangent spontanément bien des internautes – et les plus jeunes notamment — dans le camp de la « victime ».

Je voudrais rappeler qu’il serait de bon ton que nos pourchasseurs de Dieudonné fassent preuve d’autant de zèle quand des propos « nauséabonds » proviennent de « l’autre camp ». Il en a fallu des années pour qu’ils découvrent, par exemple, qu’il existe bel et bien un racisme anti-blanc…

La Licra explique, pour faire bon poids, qu’Alain Juppé est membre de son comité d’honneur. Puis-je rappeler à la Licra que l’abbé Pierre était, également, membre de la Licra. Ce qui n’a pas empêché celle-ci de le lyncher et de le mettre à la porte parce qu’il avait rappelé son amitié pour Garaudy devenu des années plus tard un tenant des thèses révisionnistes. Ni l’âge de notre abbé, ni ses états de service si j’ose dire, n’avaient réussi à infléchir le bras vengeur de la Licra. Avec la bénédiction de Mgr Lustiger, alors archevêque de Paris…

Alain Juppé veut, dit-il, « consulter avant de décider ». Et prendre l’avis de la société qui exploite la patinoire et celui du préfet. Il a raison de ne pas se précipiter. Osera-t-il aller à contre-courant ?

Robert
Ménard
Journaliste.
Fondateur de Reporters sans frontières.

source -Boulevard voltaire

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