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Dispersion de la collection Hollander, dirigée par Christie’s le 16 octobre prochain à Paris.

 La dispersion de la collection Hollander, dirigée par Christie’s le 16 octobre prochain à Paris, fait partie de ces ventes singulières dont la maison de vente s’est fait une spécialité dans la capitale.

Et l’exposition qui la précède un événement à ne pas manquer

Les  14 et 15 octobre 2013

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Relief en albâtre représentant Adam et Eve, Allemagne, XVIème siècle, estimation : €30.000-50.000 © Christie’s Images Ltd, 2013

À première vue, on croit se trouver devant un de ces ensembles éclectiques que les collectionneurs compulsifs du XIXe siècle aimaient à réunir, sans véritable ligne directrice, guidés par leurs seuls coups de cœur et le hasard des rencontres. À la manière de “l’honnête homme“ du XVIIIe s, ou du voyageur du Grand Tour glanant sur son chemin les curiosités et spécialités du lieu ou quelque témoignage des dernières fouilles archéologiques.

Le cabinet de curiosités de Jacques et Galila Hollander a pourtant été constitué dans le dernier tiers du XXe siècle, par un homme d’affaires belge disparu en 2004 à seulement 64 ans, et dont l’épouse Galila est toujours bien vivante.
Réunir un tel ensemble à notre époque est une gageure, l’offre s’est raréfiée, et il faut un œil aiguisé, du temps et pas mal de moyens. Jacques Hollander a débuté modestement dit-on par une passion pour les couverts à travers les âges et les continents, qu’on ne verra pas dans la vente. Mais qui lui ont ouvert l’appétit pour des denrées plus consistantes, qui s’alignent aujourd’hui dans un catalogue de près de 500 numéros.

Le classique y côtoie l’insolite, le sacré le profane, le futile le sérieux, et on y trouve les quatre éléments qui composent un authentique studiolo Renaissance. De l’exotisme d’Afrique et d’Orient, de l’histoire naturelle sous forme de coraux et cornes de licorne, des instruments scientifiques, compas, graphomètres, astrolabes. Mais surtout des objets d’art choisis pour leur rareté, leur préciosité, leur virtuosité, et de préférence uniques en leur genre.

Les antiques y sont obligatoires : comme une tête de Bacchus en marbre du 1er siècle (80/100 000) et une déesse acéphale hellénistique, 1e siècle av. JC (60/80 000 €), mais aussi des copies d’antiques : un groupe en grès XVIIIe de Venus et Adonis estimés 70/120 000 € côtoie de précieux ivoires gothique : une Vierge à l’Enfant XIVe, créditée de 25/35 000 €, ou un albâtre allemand du XVIe représentant Adam et Eve, 30/50 000 €.

Parmi les choses les plus étonnantes figurent un bras reliquaire en argent XVIe/XVIIe à 10/15 000, une perle de rosaire en ivoire fin XVe ornée de trois personnages, et une collection de canards chinois en bronze XVIIe XVIIIe.. Sans oublier un grand lion de pierre allemand début XVIe qui, avec l’estimation de 50/100 000 €, fait partie des objets phares de la vente.

Et parmi les curiosités proprement dites indissociables de tout cabinet de ce nom, on trouve quatre anamorphoses XVIe/XVIIe, ces étranges figures qui ne se décryptent que dans un miroir courbe, et quelques cranes en bois ou en ivoire rappelant la vanité de l’existence, comme un écorché en plâtre XVIIIe/XIXe s de l’entourage de Houdon accessible à Curiosité rime avec préciosité, et sur ce chapitre, les coupes en agate, cristal de roche, ou serpentine, serties de vermeil pourrait rivaliser avec celles de la Galerie d’Apollon.

Mais le point d’orgue de la lcollection Hollander, ce sont les ivoires tournés des XVIe/XVIIe siècles. Vases, tours, colonnes affinées à l’extrême, sphères imbriquées tournantes, et surtout les coupes sur pied dont certaines peuvent atteindre 50cm. L’une d’entre elles, au couvercle surmonté d’une prise en forme de palmier, est estimée autour de 200 000 €.

Ces objets fragiles, dont chacun offre un échantillonnage de toutes les difficultés du genre, n’ont d’autre but que de démontrer la virtuosité de leurs auteurs, qu’il s’agisse d’un tabletier professionnel ou d’un de ces aristocrates amateurs passés maîtres dans le maniement du tour de salon, en vogue au début du XVIIe siècle. On dit que le roi Louis XIII était particulièrement doué.

Françoise Deflassieux

source-Patrimoine de France

Informations pratiques

Le Cabinet de curiosités de Jacques et Galila Hollander

Vente : Mercredi 16 octobre, 11h30 et 14h

Expositions, Samedi 12, lundi 14, mardi 15, 10h-19h

- Christie’s Paris

9, avenue Matignon

75 008 Paris

01 40 76 85 85

www.christies.com

Image à la une –

(g-d) Lot 276, assiette en émail peint en grisaille représentant l’Amour fuyant Pysché (Est. €10.000-15.000), Lots 195, 201, 202, 203, 217, 219, 220, 232, 240, objets en Ivoire et Corne du 17-18ème siècle d’origine pour la plupart allemande, lot 180, groupe en Ivoire représentant la vierge Maria Lacta (Est. €25.000 – 35.000) -© Christie’s Images Ltd, 2013


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