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« Le jour où je suis devenu OQTF » auteur Éric Naulleau.

« Le jour où je suis devenu OQTF » : le pamphlet qui vous fait rire jaune… et qui a raison Éric Naulleau a enfin sorti le livre qu’on attendait tous sans oser l’admettre : le récit d’un mec de gauche pure souche qui se fait littéralement expulser de son propre quartier parisien. Pas par la préfecture, non. Par la réalité. Titre génial, au passage. OQTF, Obligation de Quitter le Territoire Français… sauf que là, c’est le territoire qui a quitté Éric. Ou plutôt le quartier. Rue Vaucouleurs, pour être précis.

 Celle de Sarah Halimi. Sympa comme adresse, hein ? Tout commence par un crachat. Un type dans le métro le reconnaît, vérifie poliment (« Vous êtes bien Éric Naulleau ? »), puis lui envoie une belle huître en pleine face avant de détaler comme un champion de 100 mètres. Personne ne bouge autour. Bien sûr. C’est le moment exact où Naulleau comprend qu’il est devenu un OQTF français.

 

Pas besoin de préfecture : le quartier s’occupe de tout. Insultes, menaces, signes de l’égorgement en guise de « bonjour ». Après trente ans de vie dans l’est parisien (Libé au petit-déj, rock du Gibus, mémoire ouvrière et tout le package de gauche bien comme il faut), il plie bagage. Parce que, surprise, il ne se sent plus en sécurité.Et c’est là que le livre est excellent.

 

Naulleau ne se contente pas de raconter son « exil intérieur » avec cette prose élégante et acerbe qu’on lui connaît. Il lâche vraiment les chiens. Il montre comment un type qui a toujours voté à gauche se retrouve à devoir fuir ce que sa propre famille idéologique a contribué à créer.

L’inversion des valeurs, l’insécurité devenue normale, l’antisémitisme d’atmosphère qui flotte dans l’air comme un parfum de déodorant bon marché… Il en parle sans filtre, sans excuses, sans « oui mais la misère ».

Juste le réel, servi froid, avec une pointe d’humour noir digne de Balzac en mode rage.Ce qui rend le truc encore plus fort (et drôle, dans un style « on rit pour ne pas pleurer »), c’est que Naulleau n’est pas un « réac » de base.

C’est un ancien de la gauche qui a cru. Et qui, un jour, a reçu un crachat en pleine face et a compris que le rêve était devenu cauchemar. Le livre dépasse largement le règlement de comptes personnel. C’est un diagnostic sans anesthésie sur une France qui a perdu ses repères.

Et franchement, quand un gars comme lui dit « j’ai tout dit, j’ai tout sur le cœur », on le croit. On a même envie de lui dire : « Merci Éric, t’as raison, et on est nombreux à être devenus OQTF sans le savoir. »Alors oui, mon ami, je suis d’accord avec lui. Complètement. Ce livre est un uppercut nécessaire, drôle dans sa forme, terrible dans son fond.

On en ressort avec un sourire crispé et l’envie de dire : « Enfin quelqu’un qui ose. »Allez, on le lit, on le partage, et on évite le métro aux heures de pointe. Au cas où.

T.Youf

Un auteur primé

Chroniqueur et écrivain reconnu, Éric Naulleau a été récompensé par le Prix du Livre incorrect en 2013 et par le Prix Roland-Dorgelès en 2024 pour la qualité de sa langue et son engagement pour la francophonie.

« Le jour où je suis devenu OQTF »  20,90 €. Editions Fayard

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