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Lire:LES SEPT COULEURS AUTEUR ROBERT BRASILLACH


“Nous courrions avides, et le monde n’avait pas la même couleur”
(Brasillach)
Le roman Les Sept Couleurs occupe incontestablement une place à part dans l’oeuvre de Robert Brasillach. D’abord l’année de publication, 1939, au bord du précipice sanglant européen, puis mondial. Ensuite, l’irruption d’un nouveau thème, la politique, qui enthousiasme Patrice, le héros du livre, doublure de Brasillach. Enfin, l’apogée du style, avec une technique d’écriture autorisant l’auteur à varier, avec virtuosité et singularité,  les différentes formes littéraires et fournissant le titre du roman.

Mais le titre, comme la terre, ne ment pas, puisque les couleurs abondent : le blond des tresses de Lisbeth,  le noir des yeux ou des chemises, le rouge des drapeaux, le roux et le vert de Florence, le bleu des mille piliers. Et le brun, omniprésent, d’une jeune fille naguère connue, du granit ou encore des vestes…
L’histoire est une belle histoire d’amour entre deux étudiants,  Patrice et Catherine, visitant Paris… puis Patrice part pour l’Italie, ébloui par le fascisme irradiant la pays. Ils se perdent. Catherine se marie alors avec François, mais Patrice tente de la convaincre de tout recommencer. Croyant perdre Catherine, Patrice s’engage dans la guerre d’Espagne, aux côtés de Franco…

Outre les sept formes littéraires constituant un découpage très original du roman (dont l’importante partie des réflexions), il existe bien une huitième forme : celle du reportage, à la découverte des différentes expressions du fascisme à travers l’Europe  (italien, allemand et espagnol). Et malgré l’attrait patent et exalté pour le fascisme allemand, fait “pour la jeunesse“, avec ses drapeaux, ses torches et ses projecteurs, lequel détonne de ses cousins latins, Brasillach sort de l’image simpliste que la bienpensance du XXIe siècle lui accole sans examen. A propos du national-socialisme : “c’est parce que ces cérémonies et ses chants signifient quelque chose qu’il faut y faire attention et songer à parer ce qu’ils signifient“. Plus loin, sur l’Allemagne : “on se dit que ce pays est d’abord, au sens plein du mot, et prodigieusement, et profondément, et éternellement un pays étrange“.

Enfin, évoquant Hitler : “un triste fonctionnaire végétarien“. On le constate, la pensée de Brasillach, dans ce roman, est contrastée, entre un fascisme, hymne à la joie et à la jeunesse, et un fascisme “mal du siècle” d’une autre couleur. S’agit-il du même ?
Un roman puissant, novateur, entre triangle amoureux et romantisme politique.
Arnaud Robert.

 

TITRE : LES SEPT COULEURS
AUTEUR : ROBERT BRASILLACH
EDITEUR : PARDES
PRIX : 20,00 euros
ISBN : 978-2-86714-499-8 

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