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Lire:”La Valise vide – Adieu à Gonzague – Le Feu follet”

L’hommage de Drieu à Jacques Rigaut, héros surréaliste et dadaïste exemplaire

Une nouvelle publiée en 1921, “La valise vide”, un texte retrouvé en 1964, “Adieu à Gonzague” et un roman édité en 1931, “Le Feu follet” : tels sont les éléments constituant la trilogie Jacques Rigaut, ami excentrique et tourmenté de Pierre Drieu La Rochelle dans les années 20, proposée par Pardès, après les rééditions de  “Mesure de la France”, “L’Homme à cheval”  et “Notes pour comprendre le siècle”.

Les éditions Pardès ont choisi de publier les trois textes dans l’ordre chronologique de leur découverte, contrairement à la plupart des éditions courantes, lesquelles placent “Adieu à Gonzague” en  conclusion du roman “Le feu follet” ce qui respecte certes les périodes d’écriture, mais ne constitue pas forcément une riche idée, tant “Le Feu follet”, le premier des quatre grands romans de Drieu, se révèle supérieur, sur le plan littéraire, au texte posthume. Une remarquable préface de Thierry Bouclier introduit l’ensemble et évoque la transposition cinématographique du roman au cinéma.

Alain Leroy, personnage du Feu follet, roman mélangeant les deux premiers textes (portrait négatif dans La Valise et repentir dans Gonzagues) incarne Jacques Rigaut, figure des Années folles et du dadaïsme, poète dont l’existence prime incontestablement l’oeuvre. Leroy-Rigaut, dévoré par un mal-être existentiel destructeur, est un drogué, détruit par son vice, vivant aux crochets des femmes et se raccrochant aux objets, comme le naufragé à une bouée percée. Sans surprise, Leroy-Rigaut se suicide… comme par une sorte de fatalité, le suicide constituant un “évènement mystique”.

Romancier désabusé, Drieu est l’auteur d’une littérature sensible et réaliste, servie par un style classique et élégant. “Le Feu follet”  restitue admirablement les désillusions de la jeunesse de l’entre-deux-guerres, jusqu’aux excès des plus désespérés. Drieu écrit : “Les drogués sont des mystiques d’une époque matérialiste”. Un siècle plus tard, cette phrase résonne étrangement…

Arnaud Robert.

Titre : “La Valise vide – Adieu à Gonzague – Le Feu follet”
216 pages
Auteur : Pierre Drieu La Rochelle – préface de Thierry Bouclier
Editeur : Pardès
Prix : 14 euros

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