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Lire:Johann Rattenhuber, l’Ange gardien du Führer de Paul-Louis Beaujour

Johann-Rattenhuber
(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)Tout d’abord, qui était Johann Rattenhuber ?Rattenhuber était le chef du RSD, le Reichssicherheitsdienst (Service de Sécurité du Reich), l’officine responsable de la sécurité du Führer mais aussi de toutes les hautes personnalités du Reich. À ce titre, il coiffait de son autorité, incontestée, TOUS les organismes gravitant autour de cette mission, délicate s’il en fut : SS-Begleitkommando(SSBK : escorte personnelle rapprochée), Leibstandarte Adolf Hitler (LSSAH : protection rapprochée et sentinelles), Führer-Begleit-Battalion(FBB : protection « militaire »), et Ordnungspolizei(Orpo : police dite « classique »). Lors des déplacements du Führer, qui furent nombreux, tous ces services devaient se mettre à l’entière disposition de Rattenhuber, de Peter Högl, son adjoint, et de ses quelques dizaines de subordonnés, tous anciens officiers de police.C’est la première fois que l’on consacre une biographie à cette figure pourtant incontournable de l’histoire du IIIe Reich, non ?

À ma connaissance, en français, oui.

Johann Rattenhuber fait partie de ces personnages de l’histoire qui ont occupé des fonctions importantes sans retenir l’attention des historiens… Pour quelles raisons, d’après vous ?

Rattenhuber est le genre de personnage que l’on croise par-ci par-là au détour des (innombrables) ouvrages consacrés à la IIe GM, et en particulier ceux relatant l’épisode final du Bunker. C’est tantôt le « chef de la police » d’Hitler, ou bien son « garde du corps personnel », ou encore le « responsable de sa sécurité » ! Beaucoup d’approximations donc, voire d’inexactitudes, dues en partie à l’enchevêtrement et la complexité des services dédiés à la sécurité d’Hitler. J’ai voulu, disons, « faire un peu le ménage » dans tout cet embrouillamini. En outre, Rattenhuber était un ancien policier de métier (comme tous les membres du RSD), et par là même, du genre plutôt discret, voire obscur, et guère destiné à avoir un jour sa biographie publiée…

Envisageons l’uchronie suivante : Adolf Hitler est tué dans un des innombrables attentats que Johann Rattenhuber – ou parfois le hasard – a fait échouer… Qu’aurait-il pu se passer si cela avait été le cas avant la déclaration de la guerre le 3 septembre 1939 ? Entre 1940 et 1943 ? Avant 1945 ?

Pour être honnête, je ne suis pas vraiment un fana des « uchronies » ! Je trouve que l’imagination s’emballe vite, et que le procédé reste finalement assez stérile. Néanmoins, même conseillé en permanence, Hitler avait la réputation de prendre ses décisions finales absolument seul. Assassiné avant septembre 1939, je ne vois vraiment pas qui, dans son entourage, aurait eu, à cette époque, les épaules assez larges pour oser affronter la moitié du globe ( ? Restons sérieux…). Et Staline aurait envahi la Pologne, et le reste, tout seul et dès 1939… Hitler assassiné après Stalingrad (février 1943), il ne fait aucun doute, à mon sens, que les (nombreux) généraux allemands qui lui étaient hostiles (et responsables d’une grande partie des attentats manqués…), auraient tout fait pour négocier une paix séparée.

Vous avez déjà écrit sur Jean Boissel (chef du Front Franc prônant la Collaboration durant la guerre) et sur Nathan Bedford Forrest (Marchand d’esclaves, héros confédéré et premier Grand Sorcier du Ku-Klux-Klan)… Pourquoi cet intérêt pour les « maudits de l’histoire » ? 

Tout d’abord, « maudits » par qui ? Par l’intelligentsia des historiens « officiels » de la IIe GM ? Par la clique des « spécialistes » autoproclamés de l’Occupation, que je ne nommerais pas, mais qui sont TOUJOURS les mêmes ? Et par les « experts », moins nombreux certes, de la guerre « entre les États », entre les gentils Yankees et les immondes « esclavagistes » ? Encore une fois, soyons sérieux : Boissel et Forrest se sont battus dans le « mauvais » camp, et en plus, ils ont perdu… donc ils sont « maudits », soit. Version officielle, rabâchée et catéchisée. Mais hormis leurs idées « sulfureuses », leur vie, leur parcours sont souvent passionnants, et dans le cas de Forrest, franchement exceptionnels. Voilà l’intérêt : raconter des destinées de « seconds couteaux » (j’ai toujours été un grand amateur des seconds rôles au cinéma : Dalban, Pousse, Bussières, Carette, Roquevert, mais je m’égare là…) ayant eu des idées très clairement incorrectes. Le prochain, si Dieu et mon (estimé) éditeur le veulent bien, sera consacré encore une fois à un « maudit » et un sévère !

Johann Rattenhuber, l’Ange gardien du Führer de Paul-Louis Beaujour, Éditions Déterna, collection « Documents pour l’Histoire », dirigée par Philippe Randa, 348 pages, 31 euros.

 

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