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Lire: Plus pur que de l’eau de Jean Pierre Amoreau

Jean-Pierre Amoreau,  le trublion du vin

Dans son ouvrage « Plus pur que de l’eau »,  le vigneron Jean-Pierre Amoreau nous offre le plaisir de la réflexion sur la place du vin et de la viticulture  aujourd’hui dans notre pays.  Poncifs, clichés, cahiers des charges contraignants qui entourent  les pratiques viticoles sont passés au peigne fin, sur un ton  bonhomme, et sans médisance inutile.  Les ingénieurs de l’INAO ont pris le pouvoir et supplanté le savoir-faire  du vigneron.  Envahi par les normes, le vin bordelais offre une  uniformatisation que les clients commencent à bouder.  Jean-Pierre refuse les vins au « goût sans poésie,  orphelins de l’inattendu ».

Sans être savant ni pédant,   l’auteur  prône dans son ouvrage,  le retour à un certain bon sens qui n’a pas quitté son propre domaine. 

Vigneron au Château Le Puy à Saint-Cibard dans  l’appellation Francs Cotes de Bordeaux en Gironde,  son vin sans additif, sans intrants chimiques, sans levurage extérieur, non filtré, cacheté à la cire, délivre une large palette d’arômes et  des émotions différentes. 

 Château Le Puy est servi sur les grandes tables du monde.

L’ouvrage raconte avec simplicité et plein d’anecdotes savoureuses, l’histoire d’une famille paysanne,  les Amoreau, la transmission des savoirs vignerons depuis 13 générations. Le rôle essentiel joué par les Anciens,  l’apport des grands-parents et arrière-grands-parents. Le fils de Jean-Pierre,  Pascal,  14ème génération,  prend la relève du domaine dans le respect de ces savoir-faire.

Jean-Pierre Amoreau défend le travail en vigne plus qu’au cuvier. Un raisin sain fait un vin de qualité.

La dégustation ? Il trouve aberrant le recracher le vin. Les capteurs sont autant dans le tube digestif que dans le palais.  C’est la réunion des deux qui donne une bonne  idée de la qualité d’un vin. 

Les consommateurs se sont lassés des vins  bordelais qui ont tous le même gout.  Jean Pierre suggère  de retrouver à Bordeaux  l’esprit des Climats bourguignons.  Fractionner le vignoble bordelais en fonction des terroirs,  des sols particuliers  comme l’ont fait les bourguignons avec leurs Climats il y a quelques siècles.  Comme cela se faisait autrefois dans les Côtes de Bordeaux.

Une jolie conclusion pleine d’optimisme : Le vin est là pour donner du bonheur. Retrouvons le plaisir du vin car le vin rend heureux. Il ne reste plus qu’à aller chez un bon caviste tenter de se procurer  une cuvée du nom d’un ancêtre  Amoreau. Cuvées Barthélémy ou Emilien. Ou même Retour des Isles.  Un vin qui a pris le large et a voyagé dans les soutes d’un bateau.

Ce sera un « vin sain,  loyal et marchand ».

Geneviève Guihard

« Plus pur que de l’eau ». De Jean-Pierre Amoreau

Editions Fayard. 308 pages. Prix : 18 euros.

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