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Lire: Mabire, de Patrice Mongondry

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Mabire l’enchanteur    

Lorsque l’on évoque la figure de Jean Mabire, c’est l’écrivain qui vient immédiatement à l’esprit. Mais il existe un trait de caractère qui court tel un fil d’Ariane tout au long de l’existence de Jean Mabire : une insatiable curiosité intellectuelle.

Né en 1927 à Paris au sein d’une famille nationaliste d’origine normande, Jean Mabire est un enfant turbulent, mais également rieur et espiègle, qui lui vaut l’amusant surnom de « Jan Kiri ». Jean Mabire passe ses vacances en Normandie, où il peut lire La Varende et Barbey d’Aurevilly, mais découvre aussi la montagne dans la région de Chamonix, puis l’Autriche, peu avant son entrée au collège, à Stanislas, en 1938.

La politique commence à intéresser le jeune garçon. Parce qu’ils sont catholiques, il prend parti pour les nationalistes espagnols. La lecture reste cependant l’échappatoire pour le collégien qui lit énormément : Alexandre Dumas, Alain-Fournier, Jules Vernes, Pierre Benoit, Paul Morand ou encore Pierre Mac Orlan.  Et surtout Emile Driant (capitaine Danrit) !

La guerre arrive et avec elle, l’exode vers Bordeaux et  la stupéfaction. De retour à Stanislas, l’adolescent est choisi pour rejoindre les « Jeunes du Maréchal ». Puis il intègre les Cadets de la Jeunesse franciste et, tout en n’étant pas devenu pro-allemand, Jean Mabire tombe en fascination pour les croyances et mythes anciens et pour les runes.

A la fin 1944, Jean Mabire regagne Paris et s’inscrit au bac philo, où il est recalé, comme il le sera une seconde fois, un an plus tard. Il est finalement reçu au bac au printemps 1946 et s’inscrit sans conviction à la faculté de droit, pour complaire à sa famille.  Mais, dans le même temps,  il est admis à intégrer les bancs de l’Ecole supérieure des métiers d’art et choisit la section dessin animé !  De cette période, naissent les multiples vocations de Jean Mabire : président de l’association de son école, il fait la connaissance d’un certain… Jean-Marie Le Pen ; il créé avec l’ancien responsable des Cadets, Raymond Lotthé, une Communauté de jeunesse, mêlant sport, culture et études. Dès 1948, Jean Mabire va s’investir totalement dans sa « patrie charnelle », la Normandie ; il va créer à cette occasion une revue de référence, « « Viking ».

L’année 1950 est celle des fiançailles avec Jeannine Boulet ; c’est aussi l’année du service militaire au bataillon de choc de Montauban. Le couple s’installe et se marie à Cherboug, en 1952. Trois enfants, Halvard, Nordahl et  Ingrid, naissent de leur union. Jean et Jeanine créent un atelier d’art graphique en 1954, avant que  Jean n’intègre La Presse de la Manche deux ans plus tard et reçoive le Prix Armorin distinguant le meilleur journaliste de la presse de province en 1961.  Dans l’intervalle, Jean Mabire est rappelé sous les drapeaux, en Algérie… où il reçoit la croix de la valeur militaire.

C’est à son retour que sa carrière de journaliste et d’écrivain prolixe (une centaine de titres dont principalement des biographies, des récits de mer, des sagas guerrières, des romans) prend son envol : L’esprit public de Philippe Héduy, Europe-Action de Dominique Venner, Défense de l’Occident, Minute, Valeurs actuelles, Spectacle du Monde ou encore National-Hebdo, auquel il donne plusieurs centaines de portraits d’écrivains de très grande qualité.

Perdant son épouse en 1974, Jean Mabire se remarie avec Katherine Hentic en 1977. Dès 1971 et jusqu’à sa disparition, il reste pleinement investi dans le Mouvement normand si cher à son coeur.

Il écrit sa dernière chronique pour National-Hebdo en 2006. Un éveilleur s’est endormi.

Cette première biographie, très fouillée, consacrée au tourbillonnant Jean Mabire constitue un bien agréable moment de lecture et se pose déjà comme l’ouvrage de référence des études à venir.

Arnaud Robert.

Mabire, de Patrice Mongondry

125 pages

15 euros

Pardès éditeur

 

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