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Lire BD : « DÉTOX » Tome 2

Alors que le déploiement de la 5G fait débat dans l’hexagone, Bamboo Édition publie le tome 2 de la BD « Détox ». Un ouvrage qui dépeint le quotidien d’un parisien ultra-connecté, Matthias, en pleine période de désintoxication aux écrans.

Y a t-il une vie sans la 5G ?

Les attributions des bandes de fréquence 5G ont débuté en France. Les enchères sont lancées depuis ce matin à raison de 70 millions d’euros par bloc de 10 MHz, en sachant que 11 blocs sont disponibles (avec une limite de 5 blocs attribués pour un même opérateur, afin d’éviter toute situation de monopole). Fin 2020, quelques grandes villes françaises seront équipées, permettant aux utilisateurs de naviguer encore plus vite, de partout, en économisant de l’énergie nous dit-on.

Burn-out et connexion

Dans un climat polémique très tendu et 7 ans après le déploiement de la 4G en Europe, Bamboo Édition publie le tome 2 de la BD « Détox ». Un ouvrage qui décrit la désintoxication d’un directeur général (qui gère une société de rachat/revente d’entreprises en difficultés) : Matthias, parti se mettre au vert, en cure, après le décès de son assistante Victoria, qui était en plein burn-out, comme lui. Il se retrouve durant 10 jours privé d’ordinateur et de téléphone, avec la nature pour seul réseau social.

À l’heure où chaque cadre commercial est ultra-connecté au monde professionnel via son téléphone portable, sa tablette ou son ordinateur, Détox nous met face aux travers de nos vie modernes, avec un dessin très fin et réaliste, un personnage principal à l’humour décapant et des situations dans lesquelles beaucoup d’entre-nous se reconnaîtront.

L’occasion de couper son téléphone portable et s’asseoir dans un fauteuil pour faire une bonne coupure en lisant ce Détox Tome 2.

Inspirée de faits réels

Selon la formule habituelle utilisée au cinéma, Détox s’inspire de faits réels pour la construction du scénario. Le scénariste Jim s’est inspiré d’une authentique expérience pour conter son histoire. Celle de son ami Christian, accro au travail et aux nouvelles technologies. Une vie à 100 à l’heure jusqu’à ce fameux stage détox, qui l’a transformé.

Christian, pouvez-vous nous raconter quel était votre métier et votre style de vie avant le gros changement ?

J’étais un dévoreur de vie. Je travaillais 12 à 13 heures par jour. J’avais 3 téléphones, j’étais en mode : « Si je m’arrête, le monde s’arrête ». Je vivais mes amitiés à fond, je faisais la fête en permanence, des repas gargantuesques…

Quel a été l’électrochoc ?

Plusieurs choses : le travail toutes les semaines à 800 km de la famille, l’épuisement, des douleurs partout, l’alcool, le regard sur le monde qui change, la terre qui s’épuise comme moi, la chaleur qui augmente, ma femme qui s’éloigne, mes fils qui grandissent et ne plus avoir envie d’être « le Chevalier à l’armure rouillée ».

Que vous a apporté ce stage détox ?

Une pause. Une respiration. Une énorme colère à déposer enfin. Un abandon au bout de quelques jours après des révoltes fortes. Un regard différent. Une survie. Une envie naissante d’être acteur d’un changement de vision sur le monde. L’abandon de la prédation systématique des ressources de la terre. Une envie d’autonomie alimentaire énergétique. Un respect des autres humains, même si plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien. Un besoin nouveau de solitude.

Parlez-nous de votre vie aujourd’hui. Comment vous sentez-vous ?

Je concrétise enfin le projet d’être proche de la terre, qui était en moi depuis toujours. J’avais essayé le bateau et les chevaux de trait avant mon stage détox. Je n’ai plus besoin de plaire, de briller, d’impressionner, de prédater. Je suis un humain qui essaie un chemin loin des villes et des plaisirs futile. J’ai reconstruit une relation sur l’écoute et le partage. Je continue à l’occasion de faire la fête en me déplaçant pour voir mes amis. J’aborde ce passage comme un aboutissement et maintenant je chemine en paix. J’abandonne ma colère et j’accepte le fait de ne plus être immortel. Amen.

Jim, comment avez-vous rencontré Christian ?

Je l’ai rencontré dans mon village. Il faut dire que c’est un personnage, la stature du commandeur. Sobre, il peut même impressionner. Par chance, on se voit rarement sobres… (rires)

À quel moment vous vous êtes dit que vous vouliez adapter son histoire en bande dessinée ?

Dans la seconde, je crois. Quand il m’a raconté son expérience, j’en pleurais de rire. Car lui-même l’avait vécue en décalage au début. Puis l’avait acceptée. Et c’est cette bascule qui était passionnante. Et puis, je crois que Christian venait à point nommé avec cette histoire. Je faisais beaucoup d’illustrations de Marie pour Une nuit à Rome, et j’avais envie de me confronter à un autre registre de physique. Je crois que j’ai été servi ! Plus sérieusement, c’était intéressant de me confronter aussi à un récit différent, à d’autres sujets… Sortir de la fameuse zone de confort… Et puis, graphiquement quitter les villes qui m’inspirent beaucoup, c’était un vrai bol d’air. Dernière chose, nous faisions des essais avec Antonin Gallo sur un autre projet, et là tout s’est mis en place pour que le sujet et son travail sur les décors s’emboîtent… C’était le bon moment, le bon sujet.

Que pensez-vous des stage détox ?

Le plus grand bien… du moment qu’on ne m’oblige pas à en être. J’aime trop les addictions de la ville, le téléphone, le travail, les sorties. J’essaie de faire mes détox un peu quotidiennement, je travaille à la campagne, avec la ville non loin. J’ai la détox homéopathique…

Seriez-vous prêt à tenter l’expérience ?

Je ne suis pas prêt à faire le grand saut dans ce vide-là… J’aime trop tout le reste, mais ça dépend de tellement de choses… un décès, une rupture, la maladie… Je comprends vraiment qu’on ait besoin de ralentir, d’arrêter tout, et de regarder à l’intérieur de soi. Je suis à un stade sans doute plus primaire de mon existence, à la recherche d’une sorte de mouvement perpétuel, lié à une boulimie de création. Christian a quelques années devant moi, je le rattraperai aussi sur ce sujet-là un jour prochain, qui sait

Détox Livre 2 – scénario : JIM – dessin : Antonin Gallo et JIM – parution : 30 septembre 2020 – 88 pages – 16,90 euros – vente en librairies.

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