Sortir

Jean-Baptiste Lhomeau À contre-courant : « Push Through » Galerie de la Madeleine

« Cet homme est un passe-muraille.L’œil de l’artiste caresse les murs et ses photographies révèlent l’au-delà du réel. Elles nous le montrent, c’est simple. »

Nos villes, nos vies sont ainsi faites. Tantôt fêtes. Bordées de murs, verdures, façades et tantôt d’eau qui laisse libre l’imagination.

On peut y deviner des personnages, des histoires, des visages, des fables.

A regarder de près, comme le fait JBL, ces tableaux révèlent surtout la précarité et la fragilité de notre monde et de nos certitudes; ils rappellent que notre quotidien est tissé de récits, parfois laconiques et parfois flamboyants.

Des artistes dits “de rue” aux alentours ont essayé de capter l’image.

JBL nous montre leur empreinte précaire absorbée par le temps. Aussi belle que la moindre écaille d’une façade de nos villes. Cet homme est un passe muraille. L’oeil de l’artiste caresse les murs et ses photographies révèlent l’au delà du réel. Elles nous le montrent, c’est simple.

Le béton, l’asphalte, le plâtre, le fer, le bois, le verre, l’eau, le tissu et le vivant murmurent.

Ça s’effiloche, ça rouille, ça tombe en morceaux, ça s’envole, se révèle, se reflète, s’affiche et se photographie. Ce qui compte pour lui, c’est que ces photos racontent une histoire rupestre de la photographie. JBL peint les strates de nos murs et construit une archéologie imaginaire comme pour nous dire qu’il faut savoir regarder la beauté éphémère du monde, voir la transparence des murs et la nature pour nous rappeler qui nous sommes.

“L’inédit, l’insolite, l’exception, la proximité”.

   

Interview Jean-Baptiste Lhomeau

Exposition « Push Through »

Bonjour JB, comment as-tu découvert cette fibre pour la photo ?

J’ai découvert la photo grâce à mes grands-mères. En vacances tout simplement. Elles avaient leur vieil appareil photo à soufflet aux pellicules argentiques. Et je m’amusais avec elles à nous prendre en photo.

Quel regard as-tu devant un mur et pourquoi photographier les murs ?

J’ai commencé à photographier les murs, un été, après avoir visité le musée des Offices de Florence. Je voulais montrer à ceux qui n’étaient pas intéressés par l’art de rue, qu’il y a bel et bien des artistes émérites qui exposent au public sur les murs, des collages, pochoirs, peintures… Je me suis d’abord intéressé au Street art et j’ai commencé à me faire un œil plus précis sur ce qui m’intéressait, à reconnaitre des œuvres photographiques ; je leur ai donné une valeur sentimentale. Elles ont pour moi un sens poétique.

Tu fais parler les murs. Explique-nous ton secret ?

Est-ce que je fais parler les murs ? En tout cas les murs me parlent oui et m’observent. En me baladant j’ai souvent les yeux davantage attirés par les murs que par les passants. Je cherche sur les murs mais aussi dans la nature, et je donne vie à une photo. J’y distingue des visages, des formes abstraites et très différentes, aux couleurs, aux matières multiples. Cela me saute aux yeux. Parfois c’est juste une tache de peinture, je la prends en photo, la retourne ensuite dans tous les sens pour trouver sa vérité.

Comment tires-tu profit de tes photos grâce aux réseaux sociaux et à ce monde des nouveaux moyens de communication ?
Je vends mes photos lors d’expositions, ou par mon site internet et grâce à Instagram qui m’a offert une première visibilité. Plus que d’en profiter, j’apprécie surtout les échanges que cela m’a permis de faire et la reconnaissance artistique, la critique bonne ou mauvaise. Tout cela me permet d’avancer et de progresser dans mon approche photographique. Avoir un retour sur mon travail est primordial. Cela me touche particulièrement.

Comment vas-tu te distinguer par rapport aux autres jeunes photographes en ce moment ?
On a tous un regard très différent les uns des autres ; on est tous un peu uniques et même si on est semblables, nous sommes tous très différents. Je pense me distinguer par ma sensibilité et mon approche. Le plus important c’est de donner du sens à mes photos et de les rendre fabuleuses.

Pourquoi avoir choisi « À contre-courant : Push Through » pour titre de ta nouvelle exposition ?
Cela fait référence à la crise à laquelle on fait face. On parle d’une succession de vagues, d’une crise sanitaire, économique, politique et sociale ; je fais face et j’essaye de mettre de l’esprit, voire de l’humour à cette période morose. Nager à « Contre-courant » et utiliser la technique de « Push Through » cela fait référence à la technique du surfeur pour passer sous la vague, aller au grand large et surfer sur les plus grands rouleaux. C’est cela l’idée de cette exposition : prendre le large, surfer ces vagues monstrueuses, et sortir des rouleaux sains et sauf pour remettre les pieds sur le sable. Continuer de faire vivre la culture, l’art, la photographie, … la poésie.

Instagram : @lhomeau site web: jblhomeau.com contact : jblhomeau@gmail.com

Galerie de la Madeleine

Passage couvert entre le 9 Place de le Madeleine et le 30 rue Boissy-d’Anglas, Paris 75008

À partir du vendredi 4 décembre 2020 de 10 h à 20 h Du Lundi au Samedi

Biographie

Après des études de journalisme Jean-Baptiste Lhomeau passera une année sabbatique en Italie. Immergé dans le patrimoine artistique de Florence son œil s’est révélé à lui-même. Après une expérience de photographe de plateau et un stage à l’Ecole Louis Lumière, la photographie devient son univers, promouvoir l’art de la rue son credo.

Décembre 2020 : Solo show à la Galerie de la Madeleine, 9 place de la madeleine et le 30 rue Boissy-d’Anglas.

2019 : Partenariat avec Poetic in Rock, 1 rue Saint Simon, 75007.

6 Octobre 2018 : Exposition conjointe avec Zakaria Abdelkafi dans le cadre de la Nuit Blanche.

4-8 Octobre 2018 : Exposition pour la nocturne annuelle du marché Paul Bert Serpette et ses 350 antiquaires à l’occasion du weekend
« Les vents d’Asie soufflent sur les puces.”

23-24 Juin 2018 : Exposition à la Halle des Blancs Manteaux avec le Festival ToGaether.

7 Juin 2018 : Exposition pour les prix de la photographie politique 2108 de Sciences Po à la Galerie “Vu”.

Janvier 2018 : Reportage “Moscou figures de styles” pour Air France Magazine.

27 Janv 2017 – 5 mars 2017 : Exposition “Mûrs-mûrs, suite sans fin” à la Mairie du 4ème à Paris.

2015-2017 : Photographe plateau pour l’émission de TV Midi en France produite par R&G productions.

2015 :Exposition à la galerie 3032, rue de Bourgogne 75007. 2014-2015 : Assistant de Jérôme Revon chez Splits.

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ut sem, commodo at elit. efficitur. Sed commodo quis, felis dictum dapibus