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Exposition « Un roi de guerre à la Renaissance : Henri II à Vincennes » à la Sainte-Chapelle du château de Vincennes du 16 septembre au 1er novembre 2020

Du 16 septembre au 1er novembre 2020, le Centre des monuments nationaux présente l’exposition « Un roi de guerre à la Renaissance : Henri II à Vincennes » à la Sainte-Chapelle du château de Vincennes. Une trentaine d’œuvres originales provenant d’institutions culturelles prestigieuses appuieront le propos de cette exposition sous le commissariat de Didier Le Fur, historien, et Pascal Monnet, administrateur du château de Vincennes. Ils examineront l’esprit de conquête, la guerre et la monarchie à la Renaissance, à travers la personnalité du roi Henri II qui acheva et inaugura cette Sainte-Chapelle en 1552. Grâce aux manuscrits, cartes et objets présentés à cette occasion au sein d’une scénographie évoquant un camp militaire, les visiteurs pourront (re)découvrir les fastes du début du XVIe siècle dans ce monument qui en témoigne par ses vitraux et ses décors peints.

Fils de François 1 , Henri II est l’un des monarques européens les plus représentatifs de la Renaissance. Son règne a été marqué par l’achèvement en 1552 des travaux de la Sainte- Chapelle du château de Vincennes, qui avaient repris quelques décennies auparavant. Moins fréquentée par la cour royale que les châteaux du Louvre, de Saint-Germain-en-Laye ou de Fontainebleau, Vincennes demeurait une chasse royale de premier plan, particulièrement appréciée d’Henri II.

Dans cette exposition, c’est la personnalité guerrière de ce souverain qui est mise en lumière, ainsi que l’organisation du récit de ses victoires et sa vision du monde. Elle met l’accent sur la reprise des territoires saisis par des puissances étrangères au sein du royaume et la conquête de domaines revendiqués en Italie depuis la fin du XVe siècle.

Considéré aujourd’hui comme le dernier roi chevalier, Henri II s’attacha à restaurer l’ordre de Saint-Michel, affirmation politique du pouvoir divin du monarque, dont les assises furent transférées dans la Sainte Chapelle en 1555. L’évocation de cet ordre de chevalerie, à la fin de l’exposition, permet de rappeler l’organisation des cérémonies qui s’y déroulèrent.

Cette exposition destinée au grand public replonge les visiteurs dans une époque célèbre pour ses fastes. Au sein de la Sainte-Chapelle, l’évocation d’une tente de guerre comme il en existait dans les camps militaires à l’époque, occupe la quasi-totalité de la nef. Le parcours s’y déploiera en trois parties.

Cartes, manuscrits, gravures, armures, objets d’art, sculptures prêtés notamment par la Bibliothèque nationale de France, le musée du Louvre, le musée de l’Armée, le musée de la Légion d’Honneur et le Petit Palais esquissent une vision du règne de ce prince.

Pour accompagner la visite, les Éditions du patrimoine proposent un journal d’exposition « Un roi de guerre à la Renaissance : Henri II à Vincennes », en vente à la librairie-boutique au château de Vincennes et à la libraire de l’Hôtel de Sully au prix de 3 euros.

Le parcours de l’exposition

Le souvenir d’Henri II ne tient guère de place dans le roman national. De sa vie, il n’a été retenu qu’un évènement remarquable : l’accident qui causa sa mort au tournoi organisé à Paris en 1559, et qui célébrait la paix du Cateau-Cambrésis. Pour justifier ce désintérêt, les historiens une image de prince incolore, bien éloignée de celle qu’ils accordent à son père François I . Ce dernier aurait brillé sur son époque, temps que les historiens du XIXe siècle ont appelé la Renaissance. Prince terne, Henri II aurait également été influençable, sous l’emprise de son entourage, notamment de son épouse Catherine de Médicis, et plus encore de sa maîtresse, Diane de Poitiers, « l’autre roi », selon ces mêmes historiens.

Un souvenir loin du réel. Outre que ces femmes n’eurent jamais le pouvoir qui leur est accordé, l’action d’Henri II, soutenue par le connétable Anne de Montmorency, permit le rétablissement de la position de la France en Europe. Elle fit oublier les traités imposés à ce royaume, conséquence de défaites et de paix bâclées cumulées depuis plus de vingt-cinq ans dans la lutte que mena François Ier contre l’empereur Charles Quint. Ce retour à l’équilibre, Henri II le réalisa par une suite de conflits militaires engagés sur les frontières du royaume. Si la défaite de Saint-Quentin, en août 1557, marqua un arrêt dans la reconquête, la reprise de Calais, occupée par les Anglais depuis 211 ans, la relança cinq mois plus tard.

Une politique qui permit, parallèlement, d’entretenir les prétentions expansionnistes des rois de France qu’initia Charles VIII en 1494. Elle devait offrir aux rois de France la domination de plusieurs territoires dans la péninsule italienne : le royaume de Naples, le duché de Milan et la république de Gênes.

Regards sur le monde

Les rois de France rêvaient de bâtir un empire. Leurs prétentions en Italie étaient justifiées par des droits de succession que pouvaient également revendiquer l’empereur d’Allemagne ou le roi d’Espagne.
Aussi, pour donner plus de gloire à leurs entreprises, expliquer les guerres nécessaires à leurs succès et les levées d’impôts pour les financer, ces rois de France s’identifièrent à un personnage mythique : le dernier empereur. Celui-ci, selon les prophéties qui circulaient en Europe depuis Charlemagne, serait un prince venu du Nord qui, après avoir établi la paix en son royaume puis dans la Chrétienté, partirait à travers le monde à la conquête d’autres empires pour convertir les populations à la foi chrétienne. Sa mission accomplie, ce prince entrerait dans Jérusalem, choisie pour être sa capitale. Puis, à la fin de sa vie, sur le mont des Oliviers, il offrirait ses couronnes au Christ ressuscité afin que règne un nouvel Âge d’or. La conquête de l’Italie était la première étape de cette prestigieuse entreprise.

Henri II adhéra à cet imaginaire. Toutefois, ses interventions militaires en Italie, notamment sur Naples et dans le Piémont, furent entravées par les armées de Charles Quint, qui revendiquait le même espoir. Quant aux conquêtes sur d’autres parties du monde, notamment en Afrique et en Amérique, elles étaient le privilège des Portugais et des Espagnols. Il n’empêche, Henri II encouragea l’aventure et ce furent des Français qui en 1554 découvrirent la baie de Rio, y établissant la première colonie française.

Plusieurs cartes, originales ou en fac simile, viendront argumenter ces aspects.

La guerre, cœur d’une politique

Si Henri II ne fut pas un roi guerrier, ne participant jamais à une bataille pour des questions de sécurité – l’arrestation de son père à Pavie en 1525 était dans toutes les mémoires – il fut un roi de guerre, provoquant régulièrement des conflits contre ses adversaires anglais ou germaniques, afin de réparer le passé. Les victoires de ses soldats, constantes pendant une bonne partie du règne, finirent toujours par devenir les siennes et ce fut lui qui en reçut les honneurs. On loua sa vaillance et son courage, assurant le peuple de France de la réalisation prochaine des prophéties, et donc de l’avènement du nouvel Âge d’or.

L’iconographie témoigne de deux manières principales de célébrer le roi. D’un côté, la célébration royale se fit par une représentation contemporaine du souverain, en armure le plus souvent, vu en pied, en buste, ou à cheval. Le roi y est identifiable, soit par son visage, soit par son emblème, un croissant de lune, ses couleurs, le noir et le blanc, ou bien son chiffre, un H couronné. De l’autre, elle fît référence à la succession des empires annoncée par le prophète Daniel : après la ruine des empires assyriens, grecs et romains, l’empire chrétien serait le dernier avant le retour du Christ et Henri en serait le dernier empereur. Pour identifier ce conquérant, les artistes réactualisèrent l’image triomphale des généraux vainqueurs antiques et l’adaptèrent à la personne du roi, romanisant ainsi non seulement la figure royale mais aussi le cérémonial qui l’entourait, principalement lors des manifestations publiques.

Avec le soutien des hommes et du ciel

C’est en 1469, peu après la Guerre du Bien public, temps où les grands vassaux mirent à mal l’autorité royale, que Louis XI créa l’ordre de Saint-Michel. L’objectif était de fidéliser autour du roi une clientèle choisie, incarnée par des hommes capables de le servir jusqu’à la mort. Le choix de placer l’ordre sous la protection de l’archange était alors évident : saint Michel, par ses miracles, avait aidé la France de Charles VII à gagner la guerre contre l’Angleterre, engagée depuis plus d’un siècle.

L’ordre fut maintenu par ses successeurs, et, au début du XVIe siècle, il devint aussi prestigieux que celui de la Jarretière pour les Anglais ou de la Toison d’or pour les Germains.
Son siège était à l’origine au Mont-Saint-Michel, place que les Anglais n’avaient jamais pu conquérir. Son déplacement à Paris, sous Henri II, témoigna du vif intérêt que ce souverain portait à cette institution. Il s’en servit pour officialiser une rupture avec le règne de son père, en évinçant notamment plusieurs de ses conseillers, tous chevaliers de l’ordre. À leur place, il en choisi d’autres, qu’il honora de l’ordre royal.

Mais les guerres civiles et religieuses qui déchirèrent la France sous les règnes de ses fils, Charles IX et Henri III déprécièrent l’ordre. Par désir de réunir autour de lui une nouvelle clientèle, en plus étroite relation avec l’évolution politico-religieuse de l’époque, Henri III créa en 1578 un nouvel ordre, celui du Saint-Esprit, reléguant ainsi, mais sans le supprimer, l’ordre de Saint-Michel au second plan.

La Sainte-Chapelle du château de Vincennes

La Sainte-Chapelle de Vincennes fut consacrée le 15 août 1552 sur ordre d’Henri II. Elle devint, à partir de 1555, le siège de l’ordre de Saint-Michel, où se réunissaient les assemblées, et le resta jusqu’en 1728. Ce transfert du Mont-Saint Michel vers la demeure royale de Vincennes marqua l’intérêt que le pouvoir voulut donner à cet ordre de chevalerie.

Le décor du XVIe siècle, témoin de ces cérémonies, a disparu à la Révolution.
Jusqu’en 1792, la chapelle était partagée en deux parties distinctes. Une cloison, faite de portes en bois ajourées, située au niveau de la deuxième travée, séparait le chœur transformé en salle capitulaire du reste de l’édifice. Le pourtour du chœur comprenait trois rangs de stalles richement sculptées, sur le dossier desquelles avaient été peintes les armoiries des chevaliers. Les jours de réunion, tapis à la turque et tentures aux armes de France parachevaient le décor. L’élément le plus spectaculaire était le siège central destiné au roi. Fait de bois sculpté, il était tapissé de velours violet et garni de galons d’or. Il était situé face à l’autel, mais aussi à la verrière peinte qui illustrait le récit de l’Apocalypse, rédigé par saint Jean, texte prophétique qui annonçait le retour du Christ sur terre. Le roi y figurait en portrait, face à l’image de la résurrection à laquelle, conformément aux prophéties, l’action du souverain contribuerait. étaient également présents son père, François Ier – devant la crucifixion – mais aussi les figures proches du roi, tant militaires qu’ecclésiastiques, qui l’aideraient à accomplir son destin hors du commun : Anne de Montmorency, Henri de Guise et Charles, cardinal de Lorraine, grand maître de l’ordre.

Les commissaires scientifiques

Didier Le Fur est docteur en histoire, spécialiste de l’histoire moderne et plus particulièrement de la Renaissance. Il a consacré plusieurs ouvrages au pouvoir, notamment plusieurs biographies de souverains, dont François 1er et Henri II, saluées par la critique. Il a reçu en 2017 le Grand Prix de la Biographie politique pour son ouvrage « Diane de Poitiers ».

Pascal Monnet est docteur en histoire moderne et contemporaine de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Il est spécialiste de l’histoire militaire. Après avoir travaillé au Musée du Louvre, il est entré au Centre des monuments nationaux en 1999. Il a notamment été administrateur de l’Arc de triomphe, du Panthéon et de la Chapelle expiatoire. Depuis 2016 il est administrateur du château de Vincennes.

Prêteurs

Bibliothèque nationale de France
Musée du Louvre
Musée de l’Armée
Musée de la Légion d’Honneur
Ecole nationale supérieure des beaux-arts
Cité de l’architecture et du patrimoine – Musée des monuments français Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Bibliothèque Sainte-Geneviève
La Diana, Société historique et archéologique du Forez Eglise Sainte-Marguerite, Paris, COARC de la Ville de Paris ECPAD
Service historique de la Défense

Pour connaître toutes les modalités de visite, rendez-vous juste ici.

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