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Tribune Libre:Masques, gants, mouchoirs… les ordures m’ont « tuer », pas le Covid-19 !

On s’énerve, au ministère de la Transition écologique et solidaire. Le cabinet de Brune Poirson le dit et le répète : « Un masque par terre, en plus de générer une pollution, c’est une rupture dans notre chaîne commune de protection face au virus, car c’est potentiellement un déchet infecté que l’on met dans l’espace public… » Voilà en effet une évidence qui, à l’évidence, ne s’impose pas à tout le monde.

Eh oui ! On en voit de plus en plus, de ces masques qui traînent dans les caniveaux, dans l’eau des fontaines, sur les bords de plage, entre papiers gras et canettes abandonnés là au cours de nuits festives… On s’en étonne au ministère : « Il y a quelque chose d’assez paradoxal à chercher à se protéger soi-même du virus tout en participant potentiellement par ailleurs à sa propagation. »

Foin de l’incantation à la mode, « plus rien ne sera comme avant… aujourd’hui commence le jour d’après », etc., et tralala. La vérité, c’est plutôt « Non, non, rien n’a changé, tout, tout peut continuer ».

Quiconque voyage un peu hors de nos frontières est contraint de l’admettre : comparé à ses voisins occidentaux, le Français est particulièrement incivil, et d’incivil est devenu sale, crasseux, dégueulasse en un mot. La faute au laxisme, à l’absence d’éducation, à l’égoïsme. Sans répression ni sanction, la devise est « tout pour ma pomme ». C’est le fumeur qui balance son paquet vide sur le trottoir et ses mégots dans le sable, l’encombré du pharynxqui crache à tout va, le sourdingue qui hurle dans son téléphone, le pressé qui confond entrée dans le métro et mêlée de rugby, le cycliste qui grille les feux parce que lui, au moins, il est écolo, etc. Alors, les masques…

Les masques, on les balance comme on balance le reste, c’est-à-dire n’importe où. Il y a une poubelle à deux pas ? On n’en fera pas un de côté. Les masques ne sont qu’un déchet de plus à côté des emballages de fast-food et des canettes vides qui fleurissent sur les trottoirs, sur les bancs et surtout au pied des arbres, ces carrés touffus qu’on ne désherbe plus au nom de l’écologie.

Paris-poubelle (hélas, la « Ville lumière » n’est pas la seule) s’est enrichie de quelques tonnes de mouchoirs sales et de carrés bleus, au grand dam des éboueurs et nettoyeurs des rues qui passent leurs journées à ramasser ordures et déjections.

Plus grave encore, si l’on peut dire : tous ces masques, lingettes et gants de plastique vont assurément générer une forte augmentation de la pollution. Déjà, on en retrouve en quantité au fil de l’eau, flottant dans nos rivières et dans la mer… Le ministre insiste : « Une importante pollution marine dans les prochains mois due aux masques est à craindre. Avec le vent et les cours d’eau qui charrient nos déchets, d’une certaine manière, la mer commence sur nos trottoirs. C’est pour cela que nous mettons d’ores et déjà des moyens pour informer chacun des bons comportements à adopter. »

Informer ! C’est vrai, Abribus™ et panneaux sont couverts d’affiches. Encore faudrait-il savoir les lire… D’accord, c’est plein de jolis dessins pour ceux qui ne savent pas lire. Encore faudrait-il s’en soucier… Et c’est bien là le problème : une part importante de nos concitoyens s’en fout comme de sa première couche-culotte, qui a parfois été balancée elle aussi dans le caniveau.

Le problème, dans ce pays, est qu’on se contente en haut lieu d’avoir une grande gueule. On pond des lois qui font hurler à la dictature mais c’est la chienlit à tous les étages. Ceux qui balancent leurs masques et leurs mouchoirs sont les mêmes qui ne respectaient pas le confinement, ceux pour qui cracher dans la rue relève, paraîtrait-il, de la culture… Comme disent les crétins quand on leur fait une remarque : « Ben quoi, on est en démocratie ! » Traduction : j’ai le droit de tout faire.

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