Tandis que la plupart des pays occidentaux s’avisent de tourner progressivement le dos à l’énergie éolienne, à commencer par les États-Unis, la France fait, elle, le choix inverse, au risque de fragiliser sa stratégie (et, donc, son indépendance) énergétique. C’est, en substance, la thèse défendue par Alban d’Arguin dans son livre, Éoliennes, un scandale d’État, qui met toute sa verve ironique, parfois non dénuée d’une froide colère, pour conspuer la nouvelle mode écologique des éoliennes.

Au préalable, il fait choir un certain nombre d’« idées pures débranchées du Réel », toutes forgées par les zélotes de « l’écologie citoyenne mondialisée », ainsi qu’il dénomme la gigantesque entreprise planétaire de sidération et de rééducation des masses.

Au premier rang de ces idées éthérées, le réchauffement climatique (à plus forte raison du fait de l’homme) dont il souligne l’imposture, attendu que « personne ne peut en apporter la preuve à ce jour » et « que l’observation du climat démontre que celui-ci change sans cesse, ce qui incline à l’humilité compte tenu de la faiblesse des connaissances humaines sur ce point à ce jour ». L’auteur ne nie pas que le climat soit soumis à certains bouleversement mais, affirme-t-il, s’il y a changement climatique, « celui-ci est permanent [car] il a commencé à la création du monde ».

Outre la fin imminente des énergies fossiles – argument que l’auteur balaye d’un revers de main, observant que si le pétrole s’épuisera bien un jour, nul ne connaît encore les énergies qui s’y substitueront demain –, l’autre pilier sur lequel s’adossent les chantres de l’éolien, et plus généralement des énergies renouvelables, serait l’impérieuse nécessité d’abandonner le nucléaire. Notre essayiste y voit la main invisible du « parti de l’étranger » dont le Franco-Allemand Cohn-Bendit serait le héraut emblématique, non sans avoir relevé à la fois la spécificité et l’excellence française en matière de traitement, confinement et stockage des déchets nucléaires.

Bref, le décor était planté pour que se déploie l’hystérique storytelling de l’éolien, du « Grenelle de l’environnement » de 2010 et l’institution des « schémas régionaux éoliens » à l’escroquerie de la COP21 en 2015. Les collectivités locales se voyaient, dès lors, enrégimentées dans cette folle opération, fallacieusement écologique, d’enlaidissement durable et planifié de nos paysages. Résigné, Alban d’Arguin assène : « Il faut nous préparer à vivre longtemps avec l’irréparable. » D’autant que, d’ici à 2020, la France pourrait compter 15.000 éoliennes sur son territoire !

Du littoral vendéen aux plaines du nord jusqu’aux vallées rhodaniennes, aucune parcelle de notre pays n’est épargnée par les poussées hideuses et hirsutes de ces monstres d’acier aux redoutables pales assassines pour nos oiseaux (dont la principale association protectrice se déclare « par principe » favorable à l’énergie éolienne !) et aux intenables effets stroboscopiques et sonores.

Dans la perspective du bien commun, délibérément ignoré par les décideurs mais aussi, et surtout, par les opérateurs économiques (souvent d’origine étrangère) aveuglément alléchés par les bénéfices juteux et rapides que procure cette manne éolienne, l’auteur s’insurge contre ce qu’il qualifie de véritable scandale d’État. Il pointe le fait qu’en ce domaine, en dépit de rapports sanitaires et parlementaire circonstanciés plutôt alarmants, les pouvoirs publics s’évertuent curieusement à ne jamais faire application du principe constitutionnel de précaution, lors même que la proximité de ces moulins à vent engendre localement des effets notoires sur la santé des riverains – sans parler des animaux – et participent, corrélativement, d’une dépréciation – souvent judiciairement sanctionnée – des biens immobiliers alentour.

Qui a dit que les éoliennes, c’était du vent ?

Docteur en droit, journaliste et essayiste
 source Boulevard Voltaire
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