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Exposition:GIACOMETTI / BECKETT.  Rater encore. Rater mieux

Une nouvelle exposition “devrait se tenir” à l’Institut Giacometti 5  rue Victor Schoelcher  Paris  14, jusqu’au 28 mars.  “Pour le moment l’Institut est fermé en attente des décisions gouvernementales”.

Elle surprend,  étonne, et interroge la relation dans  leur art, dans leur cheminement entre deux grands artistes iconoclastes :  Giacometti sculpteur, Beckett écrivain.

 

Le titre de l’exposition,  traduit en anglais,  semblerait  plus significatif et  davantage inspirant  :  

« Giacometti/ Beckett.  Fail Again.  Fail Better »

Les deux artistes s’estiment

Deux artistes dont on ignore la plupart du temps les liens d’amitié  qui les unit.    Amitié profonde, peu connue,  qui a laissé peu de traces dans leur vie d’exil à Paris.

Giacometti  est de nationalité Suisse. Beckett est irlandais né à Dublin.  Prix Nobel de Littérature en 1969. Chaque été, un festival littéraire lui est dédié depuis près de  vingt ans,  à Roussillon dans le Vaucluse.

Ils sont tous les deux filiformes, grands,  plutôt belles gueules,   visages burinés. Deux ascètes visuels,  Deux grands taiseux.

Ils se retrouvent toujours par hasard,  tard dans la nuit, dans les cafés à la mode de Montparnasse : le Dôme, le Select, la Closerie des Lilas.

L’exposition à l’Institut Giacometti, dévoile par de nombreux  exemples les thématiques qui les rassemblent,  les unit,  au tournant des années 1940/1960.

Leurs imaginaires les rassemblent 

Les thèmes comme la précarité de l’existence,  la solitude humaine, l‘incommunicabilité entre les êtres sont traités sans parcimonie par les deux artistes

« Les 3 Hommes qui marchent » de Giacometti  anticipent la pièce « Quad »  de Beckett qui exprime si bien l’incommunicabilité

La scénographie les réunit dans un  véritable  duo artistique  dans une seule des  nombreuses pièces de Beckett : « En attendant Godot »,   jouée maintes fois au théâtre de l’Odéon dans les années 60. 

le texte de Beckett,  minimaliste,  langage dépouillé réduit à l’extrême  pousse aux limites du silence.  Il a tellement décharné le langage 

Beckett fait appel à Giacometti pour réaliser le fameux arbre dépouillé lui aussi,  minimaliste,  ébarbé à l’extrême. Véritable métaphore de la solitude humaine. Seule collaboration artistique aboutie entre  Giacometti et Beckett. L’érosion du matériau chez Giacometti correspond à l’aridité minérale chez Beckett.

La recherche du dépouillement.   Dire plus,  c’est beaucoup enlever.   Beckett  part de 300 pages et en publie 40.    Il reste dans le texte l’âme de la structure.

La peinture ?  C’est du noir et du blanc. Point final.  Celle de Pietr Mondrian est pléthorique. Celle de Pierre Tal Coat est une orgie ! 

Autre thématique commune abordée :  la notion d’empêchement.

Les deux  artistes donnent une forme visuelle à l’empêchement que l’on découvre dans l’exposition.

L’empêchement du corps pris dans la matière jusqu’au cou,  la contrainte donnée au corps  dans  « Oh les Beaux Jours »,  « La Cage ».   Les regards des personnages ne se croisent pas.  Ils disent la solitude  et l’épuisement  de l’être.

Rater, échouer ? Faire et refaire pour ces deux éternels insatisfaits,jusqu’à l’obsession.

Aucun mouvement de pensée de cette époque n’exprime leur façon de voir.  Ni l’existentialisme de Sartre,  ni la phénoménologie de Merleau-Ponty. 

Geneviève Guihard

Institut Giacometti

5 rue Victor Schoelcher Paris 14

Giacometti/Beckett Rater encore. Rater mieux

Jusqu’au 28 mars 2021

institut@fondation-giacometti.fr

Lecture le  24 janvier à 18 h 30 

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