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BNF Mémoire sonore du Japon : le disque, la musique et la langue

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La Bibliothèque nationale de France célèbre le patrimoine sonore japonais conservé dans ses collections grâce à un colloque international organisé le 25 janvier prochain, sous le haut patronage de l’ambassade du Japon à Paris et dans le cadre de la saison culturelle « Japonismes 2018 ».

Cet événement témoigne, après la mise en ligne du portail France-Japon et la numérisation de 55 globes de la Bibliothèque par l’entreprise japonaise Dai Nippon Printing Co., de la vitalité des liens noués entre la BnF et le Japon.

Du son dans les collections de la BnF : des Archives de la parole au dépôt légal

L’origine du département de l’Audiovisuel de la BnF remonte aux Archives de la parole, entreprise pionnière du linguiste Ferdinand Brunot qui, à partir de 1911, va enregistrer grâce au phonographe toutes les manifestations de la langue parlée. Les voix de Guillaume Apollinaire ou d’Alfred Dreyfus sont ainsi conservées pour l’éternité.

En 1938, l’enregistrement sonore devient patrimoine avec la création par Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, de la Phonothèque nationale. Héritière des Archives de la parole, puis du Musée de la parole qui lui succèda en 1928, celle-ci est chargée de collecter toutes les productions phonographiques diffusées sur le territoire national.

Le dépôt légal appliqué au disque voit ainsi le jour. En 1977, la Phonothèque nationale devient un département de la BnF qui reçoit également le dépôt légal de la vidéo et des documents multimédias, composante qui sera intégrée au département de l’Audiovisuel créé en 1994 et installé sur le site François-Mitterrand.

Les archives sonores de la BnF et le Japon

Le patrimoine sonore de la Bibliothèque témoigne de sa proximité avec le Japon. Dès 1923, les Archives de la parole enregistrent à Paris Mannen Ueda, le premier linguiste japonais. Dans les années 1930, le Musée de la parole noue de nombreux contacts avec l’étranger, faisant ainsi entrer dans les collections des interprétations his- toriques de Gagaku ou des éditions commerciales des firmes japonaises comme Nipponophone, Teichiku, Nitto… Des dons ont également contribué à l’enrichissement des collections japanophones du fonds sonore de la BnF, par exemple grâce à la discothèque personnelle d’Yvonne Loriod et Olivier Messiaen qui comporte de nombreuses éditions japonaises. Par ailleurs, depuis une dizaine d’années, en collaboration avec des chercheurs japonais, le département de l’Audiovisuel mène une politique soutenue d’acquisitions au Japon. Les documents rares et précieux (enquêtes ethnomusicologiques des années 1930-1940 de Hisao Tanabe, documentaires audio des années 1970 de Shôichi Ozawa, mémoire orale des Aïnous collectée par Shigeru Kayano, intégrale de la chanteuse populaire Hibari Misora…) côtoient les chefs-d’œuvres de la musique classique contemporaine comme Tôru Take- mitsu ou Akira Ifukube, ou encore les stars de la J-pop (AKB 48, Kyary Pamyu Pamyu…).

Dans leur diversité, ces archives figurent parmi les plus riches collections sonores constituées sur le Japon en Europe.

L’ensemble des archives sonores relatives au Japon est consultable à la Bibliothèque de recherche de la BnF I François-Mitterrand.
À la Bibliothèque tous publics, la salle de l’audiovisuel permet de consulter sur place la base musicale en streaming « Rekion » (documents sonores historiques), soit plus de 50 000 disques 78 tours publiés au Japon entre 1900 et 1950.

Ces disques ont été numérisés par le Conseil de promotion des archives sonores historiques (Hirac) et sont diffusés par la Bibliothèque nationale de la Diète du Japon.La BnF est l’une des deux seules institutions en Europe à participer à ce réseau de diffusion.Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, permet de son côté d’écouter en ligne des archives sonores issues des collections historiques de la Bibliothèque dont une très large sélection d’enregistrements japonais rarissimes : enregistrements de Léon Azoulay à l’Exposition universelle de Paris de 1900 (dépôt du Centre de recherche en ethnomusicologie) ; enregistrements des Archives de la parole et du Musée de la parole ; enquêtes ethnomusicologiques de Hisao Tanabe ; éditions commerciales des années 1920-30…

Mémoire sonore du Japon : le disque, la musique et la langue

Vendredi 25 janvier 2019 9h30 – 19h30

Petit auditorium – BnF I François-Mitterrand Quai François-Mauriac, Paris 13e

Entrée libre

9h30 – 10h10 : Café de bienvenue musical « japonisme », par Clara Wartelle (violon) et Seiko Suzuki (shô)
10h10 – 10h30 : Ouverture par Denis Bruckmann, directeur général adjoint de la BnF, en charge des collections, et M. le conseiller culturel de l’ambassade du Japon en France (sous réserve)

I. Les archives entre la langue et la musique (Gabriel Bergounioux, Université d’Orléans/LLL)

10h30 – 11h00 : Diachronic change in spoken Japanese in the 20th century, par Takehiko Maruyama (Université Senshû/National Institute for Japanese Language and Linguistics (NINJAL)) 11h00 – 11h30 : On the Japanese Sound Resources recorded at Musée de la Parole in the 20’s, par Yasuyuki Shimizu (Université féminine du Japon)

11h30 – 12h00 : Entre les paroles et le chant : la revendication de l’oralité dans les années 1960 et 1970, par Seiko Suzuki (Université Paris-Diderot/CRCAO)

II. Archives sonores et musique japonaise à l’époque moderne et contemporaine (Michael Lucken, INALCO/CEJ)
14h00 – 14h30 : L’évolution de la culture de l’enfance suite au phénomène des chants pour enfants enregistrés, par Clara Wartelle (INALCO/CEJ)

14h30 – 15h00 : Les débuts de la musique électroacoustique japonaise et ses archives sonores, par Jérémy Corral (INALCO/CEJ)
15h00 – 15h30 : Une approche de la question du genre du Vocaloïde et de la société japonaise contemporaine, par Chiharu Chûjô (Université Jean Moulin Lyon III/ Institut d’études transtextuelles et transculturelles (IETT))

15h30 – 15h50 : Pause café avec gâteaux « Japonismes »

III. 160 ans de japonisme musical (Midori Hirose, Université Paris-Diderot/CRCAO)

15h50 – 16h20 : Mémoire du japonisme chez Tôru Takemitsu, par Véronique Brindeau (INALCO/ CEJ)
16h20 – 16h50 : Henri Gil-Marcheix (1894 – 1970), par Asako Shiraishi (Université féminine de Nagoya)

16h50 – 17h20 : Sada Yakko, Puccini ou le japonisme dans la musique, par Satsuki Inoue(Université des arts d’Aichi)

17h20 – 17h30 : Clôture, par Tomoaki Shimane, vice-président de la Maison de la culture du Japon à Paris, directeur général adjoint du bureau en France pour « Japonismes 2018 »
17h45 – 18h15 : Illustration musicale : pièces d’Henri Gil-Marcheix, par Asako Shiraishi (piano) et Mieko Kamiya (chant)

18h30 – 19h15 : vin d’honneur et fromage apéritif « Japonismes », par Yuri Inuta

 

Site François-Mitterrand : adresse et transports

Accès par l’entrée EST, face au 25 rue Émile Durkheim (marches) ou avenue de France (de plain-pied), à proximité de l’entrée du cinéma MK2-Bibliothèque, 75013 Paris.
(Adresse postale : Quai François-Mauriac, 75706 Paris Cedex 13)
Téléphone : 33(0)1 53 79 59 59

 

 

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