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AVA – Agir pour la Vie Animale.& Pourquoi le printemps est une menace de mort pour les chats d’appartement

Un message AVA – Agir pour la Vie Animale. 

Chers Amis d’AVA,

Oui, vous avez bien lu l’objet de cet e-mail : le printemps représente une menace de mort pour les chats d’appartement. Derrière ce titre choc, quelques explications fondées sur l’éthologie (science du comportement) s’imposent.

Ces dernières semaines, nos équipes font face à une réalité de plus en plus préoccupante : notre boîte mail croule sous les demandes de placement pour des chats devenus agressifs, parfois sans déclencheur apparent.

Chaque jour, nous échangeons avec des familles démunies, bouleversées, qui ne comprennent pas pourquoi leur compagnon a changé brutalement. Des chats aimés, choyés, qui « vrillent » du jour au lendemain. Et bien souvent, avant même d’envisager la séparation, leurs propriétaires ont tout tenté : IRM, scanners, traitements médicamenteux, antidépresseurs, calmants en tout genre… sans résultat.

Derrière chaque demande, il y a une histoire douloureuse, une incompréhension profonde et surtout un immense sentiment d’échec face à cette terrible question :

“Pourquoi mon chat que j’aime tant semble soudainement vouloir me tuer ?”

La réponse peut sembler évidente, et pourtant, elle est largement méconnue des propriétaires de chats, et même de certains vétérinaires. A l’agressivité, certains d’entre eux voient souvent “un sevrage trop précoce” comme cause la plus probable. Et pourtant, ce n’est pas forcément le cas.

Des besoins accrus au printemps

“La cause de l’agressivité chez le chat, à cette période de l’année, c’est tout simplement le printemps, explique le Dr vétérinaire comportementaliste Thierry Bedossa, Président d’AVA. Au printemps, les chats ont beaucoup plus envie de sortir et d’exprimer leurs comportements naturels. C’est la captivité et la frustration de ne pas pouvoir sortir à leur guise qui sont les déclencheurs de cette agressivité”.

De nombreuses études scientifiques ont en effet démontré les effets des saisons sur les comportements des chats. C’est le cas de l’étude “Effets saisonniers sur les rythmes locomoteurs et alimentaires des chats d’intérieur” (Marine Parker, Etienne Challet, Bertrand Deputte, Brunilde Ract-Madoux, Marie Faustin, Jessica Serra, 2022) : celle-ci a pour objectif de comprendre comment les variations saisonnières, surtout la lumière du jour, influencent :

  • leur activité (déplacements)
  • leur alimentation
  • leurs rythmes quotidiens

L’étude révèle notamment que les chats sont plus actifs au printemps (et en automne) qu’en hiver. Ils parcourent plus de distance chaque jour. Les chats restent des animaux crépusculaires (actifs à l’aube et au crépuscule). Mais au printemps, ces pics d’activité se déplacent avec la durée du jour.

Un chat qui ne peut pas sortir est contraint de rester enfermé dans un espace et dans un rythme qui ne correspond pas à ses besoins physiologiques plus importants au printemps. C’est de là qu’une agressivité peut naître, accompagnée ou non de marquages urinaires indésirables. Ces comportements dits gênants ne traduisent pas la “folie” d’un chat, mais l’expression de son mal-être.

“Il arrive qu’un jour, certains chats n’acceptent plus ce qu’ils ont toléré pendant parfois des années, précise le Dr Bedossa. C’est pour cela qu’un chat n’ayant pas posé de problèmes particuliers durant les premières années de sa vie peut, d’un seul coup, ne plus accepter la situation”.

Ainsi, lorsqu’un chat “vrille” et agresse les membres de son foyer, ce n’est pas qu’il ne les aime pas. Ce n’est pas non plus le résultat d’un “traumatisme”, d’un sevrage trop précoce (sauf dans certains cas spécifiques) ou même d’une maladie (sauf si des examens médicaux ont révélé le contraire) : c’est, dans l’écrasante majorité des cas, la conséquence d’une incohérence entre les besoins du chat et son mode de vie. Incohérence d’autant plus marquée au printemps.

“L’écrasante majorité des chats détenus par les Français sont des chats dits de gouttière, soit nés dans la rue soit issus de chats libres ou errants. Le besoin d’extérieur peut être particulièrement marqué chez eux, même s’ils ont été habitués tout petits à vivre en appartement, parce que ce besoin d’extérieur reste dans leurs gênes” explique le Dr Bedossa.

“On remarque aussi que c’est au printemps que le plus de chats tombent des balcons, ajoute le Dr Bedossa. On les appelle les chats parachutistes. Ce n’est pas un hasard : attirés par l’extérieur, les chats ont beaucoup plus tendance à tomber des balcons à cette saison parce qu’ils veulent tout simplement sortir pour pourvoir exprimer leurs comportements naturels : explorer, chasser, se reproduire… Choses qu’ils ne peuvent pas faire lorsqu’ils sont captifs, en appartement. C’est terrible, car certains chats peuvent gravement se blesser, rester paralysés à vie ou même mourir des suites de leur chute”.

Le printemps est donc une réelle menace de mort pour les chats d’intérieur : d’une part à cause du risque de chute, et d’autre part, en raison de la menace d’euthanasie qui pèse sur eux en cas d’agression(s). En effet, de trop nombreux propriétaires demandent à leur vétérinaire d’euthanasier leur chat devenu agressif, la cohabitation avec lui étant devenue invivable et dangereuse pour tout le foyer…

C’est le cas, notamment, de Mimi, Ravel, Nala, Pouic et tant d’autres chats que nous avons recueillis ces dernières semaines en raison de leur agressivité. Certains d’entre eux ont gravement blessé leurs propriétaires, allant pour certains, jusqu’à les défigurer en pleine nuit.

Les associations de protection animale n’accueillent pas de chats jugés “inadoptables”, comme Mimi, Ravel, Nala et Pouic. Si nous ne les prenions pas en charge, au sein de notre sanctuaire AVA, alors ils seraient euthanasiés. Plutôt que la mort, nous leur offrons un cadre de vie adapté à leurs besoins, en totale liberté, où chacun d’eux peut enfin trouver la sérénité. Notre plus belle récompense est de voir ces chats “condamnés à mort” avoir enfin la qualité de vie à laquelle ils aspiraient.

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