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ANAÏDE FLEIG – relieuse brodeuse lauréat régional – catégorie patrimoine – concours ateliers d’art de France- région ile de France

La pratique de la reliure brodée remonte au Moyen Age. Le terme « brodure », lui, existe depuis qu’Anaïde Fleig a choisi d’associer dans un mot-valise, comme dans ses travaux, la broderie et la reliure. Formée aux deux techniques, la jeune femme s’inscrit dans le courant de la « reliure alternative ». Cette démarche contemporaine, qui consiste à renouveler les matériaux et les principes propres à la reliure, s’attache à mettre en espace le livre en tant qu’objet. Quant à la broderie, Anaïde Fleig ne la réserve pas au décor mais l’implique dans la composition même de la reliure. Depuis deux ans, la jeune créatrice occupe un espace dans un atelier partagé de la rue Danton, à Montreuil « ville extrêmement dynamique en matière d’art, précise-t-elle.Nous sommes une dizaine de créateurs dans l’atelier ; nos métiers en rapport avec le livre nous permettent d’envisager des collaborations, dont des ateliers pédagogiques pour le grand public ». Soucieuse de transmission, elle enseigne aussi dans un lycée le nouveau diplôme national des métiers d’art et du design (DNMADE) en broderie. En parallèle de ses créations personnelles, elle réalise des reliures à la demande de collectionneurs ou d’institutions.

Comme « Texaco », soumis à Anaïde par un amateur de beaux livres. Le choix de sa reliure est intimement lié au texte de Patrick Chamoiseau. L’auteur y relate à travers les souvenirs des personnages la lutte pour la liberté des esclaves noirs de Martinique. Les éléments en polymère, cousus sur la toile de lin avec des fils organiques, évoquent de façon explicite le pétrole (et la succursale pétrolière Texaco de Fort-de-France).

Tandis que les brins de raphia, le fil de coton mouliné et le fil d’or font référence à la puissance du végétal tel qu’il s’impose dans le quotidien de l’île. Ici, la broderie au point de feston, qui chemine des plats du livre jusqu’aux tranchefiles au dos, participe à la mise en volume de la reliure. « Mais cet habillage souple ne permet pas au livre de tenir debout, reprend Anaïde Fleig. J’ai donc conçu un étui qui maintient les pages, ainsi qu’une boîte de conservation aux mesures exactes de l’ensemble ». Dans « Texaco », tout s’emboîte et se répond au millimètre près, le récit et l’objet, la forme et la fonction, l’ouvrage et son écrin.

Les pièces des candidats présélectionnés pour le Prix régional Ile-de-France et des lauréats 2020 (dans les catégories Création et Patrimoine) sont exposées jusqu’au 8 septembre 2020 au musée de la Toile de Jouy. Créé en 1977, le musée est consacré aux toiles imprimées que fabriquait la manufacture Oberkampf au XVIIIe siècle sous le nom de toiles de Jouy. Il conserve également les dessins, les planches de bois et le matériel d’impression qui servaient à leur réalisation.

Musée de la Toile de Jouy, 54 Rue Charles-de-Gaulle, 78350 Jouy-en-Josas – 01 39 56 48 64 www.museedelatoiledejouy.fr

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