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À Paris, des citoyens s’organisent pour chasser les rats.

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 Il paraît que ça « amuse » la mairie !

Cela en plein accord avec leur maire d’arrondissement, Geoffroy Boulard (LR). « Le maire a pris conscience de l’ampleur du fléau il y a plus d’un an et en a fait un combat de santé publique », rapporte Le Parisien de ce mardi. Lassé par l’impéritie de la municipalité, « il a monté un site Internet local, Signalerunrat.paris, il a profité du savoir-faire américain à la suite d’un séjour à New York en 2018 et il est revenu avec des outils : glace carbonique, piégeage, anticoagulants, mailles de fer… ». « Les zones traitées par la brigade sont planifiées en coordination avec les différents services municipaux locaux (écoles, crèches, squares) ou partenaires (bailleurs sociaux). Je réunis aussi un comité de pilotage de la dératisation des espaces publics chaque mois », explique l’édile.

Qu’en pense la mairie de Paris ? Il paraît que « Paul Simondon, nouvel adjoint auprès de la maire de Paris Anne Hidalgo en charge de la propreté, [qui] s’amuse tout de même (sic) de “l’âme de trappeurs” de la brigade du XVIIe ». Il est vrai que chasser les rats tous les samedis matin est follement rigolo. Et monsieur Simondon de mettre en avant ses « 50 fonctionnaires sur tout Paris chargés de cette même mission, à titre professionnel et avec les mêmes outils ». Ben oui, mais il faut croire qu’ils ne sont pas efficaces !

3.521 signalements ont déjà été faits sur le site du XVIIe par des habitants apeurés, notamment des parents qui voient les rats gambader joyeusement dans les buissons du square Louis-Vierne, entre la crèche et l’école maternelle. « Les zones rouges de l’arrondissement sont impressionnantes. Le parc Martin-Luther-King, la promenade Pereire, la place du Maréchal-Juin, les Batignolles… », dit l’un des dératiseurs du week-end ; un brave, assurément, qui a lui-même « chassé plus de 300 rats, rien que dans le quartier Saussure… ». En huit mois…

Monsieur Simondon, de l’Hôtel de Ville, renvoie la responsabilité sur les Parisiens, gens dégoûtants qui laissent traîner partout leurs déchets. Vrai. Hors les « beaux quartiers » qu’on nettoie pour éviter que les bobos ne salissent les pneus de leurs trottinettes, la ville est un cloaque. La crasse engendre la crasse, les poubelles sont brûlées et les bacs des « jardins participatifs » où rien n’a jamais poussé sont transformés en vide-ordures. Idem avec la « végétalisation des pieds d’arbres » où le « tapis de fleurs » tant vanté par la mairie se révèle être un tapis d’ordures planqué sous les hautes herbes. Même chose, d’ailleurs, dans les tranchées occasionnées par les travaux d’une ville totalement défoncée (métro, « embellissement » en vue des Jeux olympiques, changement urgentissime des conduites de gaz, etc.).

Mais puisque « ça amuse » l’Hôtel de Ville, hein…

Marie Delarue : source Boulevard Voltaire

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