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Le Circuit des Remparts d’Angoulême célèbre la marque automobile française Lorraine-Dietrich.

POUR CELEBRER LE CENTENAIRE DE SON TRIPLÉ AUX 24 HEURES DU MANS, LORRAINE-DIETRICH SERA MISE EN VEDETTE AU CIRCUIT DES REMPARTS D’ANGOULEME 2026 

Pour sa 54ème édition, Le Circuit des Remparts d’Angoulême poursuit sa tradition de mise en lumière du patrimoine automobile en célébrant cette fois Lorraine-Dietrich. Cette prestigieuse marque automobile française avait notamment signé il y a cent ans, en 1926, le premier triplé de l’histoire des 24 Heures du Mans. Grâce au soutien du Club Lorraine-Dietrich et du Musée National de l’Automobile de Mulhouse, le public pourra admirer une quinzaine d’exemplaires du constructeur, parmi lesquelles les voitures ayant remporté l’épreuve Mancelle en 1925 et 1926. En complément, le Musée d’Angoulême consacrera dès le 17 septembre une exposition à ce constructeur qui aura laissé une forte emprunte lors des premières années de la célèbre course d’endurance.

La prochaine édition du Circuit des Remparts d’Angoulême rassemblera une fois encore de très nombreux modèles de course et fera la part belle à plusieurs marques prestigieuses, à l’exemple des Riley, Morgan et bien évidemment Bugatti . Mais une attention particulière sera portée cette année à un constructeur français, double vainqueur des 24 Heures du Mans et auteur du premier triplé dans cette course mythique en 1926 : Lorraine-Dietrich

Lorraine-Dietrich B3-6 Sport Le Mans 1925

Lorraine-Dietrich B3-6 lors des 24 Heures du Mans 1926

Pour l’occasion, une quinzaine de véhicules mis à disposition par le Club Lorraine-Dietrich et le Musée National de l’Automobile de Mulhouse seront présentés, à commencer par les deux B3-6 vainqueurs des 24 Heures du Mans en 1925 et 1926, mais aussi une berline de voyage de 1906 ou une 20 CV de 1932. A découvrir également un étonnant véhicule Lorraine Type 72 à six roues indépendantes et quatre roues motrices, produit sous licence Tatra. Ces Lorraine-Dietrich seront exposées dans les Jardins de l’Hôtel de Ville d’Angoulême et plusieurs d’entre elles participeront au concours d’élégance le vendredi 18 septembre ou à la balade dans la campagne Charentaise le samedi 19.

A noter également que le Musée d’Angoulême consacrera du 17 septembre au 29 novembre une exposition à l’histoire de la Marque.

T72 1935

Type 310 20 HP 1932

Lorraine-Dietrich aux 24 Heures du Mans

Lorraine-Dietrich a participé à la course Mancelle dès la première année de l’épreuve en 1923, terminant aux 8ème et 19ème places. Battue par Bentley en 1924 pour un tour seulement, Lorraine-Dietrich arrive néanmoins aux 2ème et 3ème places. Des performances plus qu’encourageantes qui vont aboutir à des résultats retentissants au cours des deux années suivantes : vainqueur de l’édition 2025, l’apothéose a lieu un an plus tard avec le premier triplé réalisé aux 24 Heures du Mans !

 

Une magnifique performance donc, bien avant d’autres marques prestigieuses, comme Bentley, Ferrari, Porsche ou Audi. Très réputées pour leur solidité et leur fiabilité à défaut d’une grande originalité technique, les B3-6 créées par l’ingénieur Marius Barbarou (ancien spécialiste des moteurs d’avion), disposent d’un six cylindres de 3446 cm3 affichant 90 ch

Avec une vitesse de pointe de 145 km/h, la B3-6 s’avère particulièrement performante et fiable. Ainsi, la vitesse moyenne en course est portée de 93 à 106 km/h. Les trois bolides afficheront d’ailleurs une vitesse moyenne supérieure à 100 km/h. Une sacrée performance pour l’époque à laquelle a sans doute contribué une idée innovante des ingénieurs de Marchal : les trois voitures sont équipées d’un projecteur additionnel antibrouillard ‘’le monocle’’ fixé devant le centre du radiateur. Une contribution majeure dans l’histoire de la course automobile. On retrouvera ces Lorraine-Dietrich, certes vieillissantes mais toujours vaillantes, au départ des éditions 1931 (4ème place) puis de 1933 à 1935.

Lorraine-Dietrich : une entreprise mécanique multiforme

Entreprise française de constructions métalliques, la société produisit des automobiles et des camions de 1897 à 1939. Après avoir débuté ses activités dans le domaine du matériel ferroviaire, l’entreprise dirigée par le baron Eugène de Dietrich et épaulé par ses neveux, dont Adrien de Turckheim, fait l’acquisition du brevet d’Amédée Bollée Fils pour lancer sa production automobile à partir de 1897. En 1902, Adrien de Turckheim débute la fabrication des modèles plus modernes après l’achat d’une licence de fabrication auprès des ingénieurs Léon Turcat et Simon Méry. La société allait à cette période employer un ingénieur prometteur : Ettore Bugatti.

En 1905, L’entreprise devient une société anonyme dénommée Société Lorraine des Anciens Etablissements de Dietrich de Lunéville, plus connue sous le nom de Lorraine-Dietrich (elle se nommera ensuite La Lorraine à partir de 1927). Son siège social est à Paris et son emblème est une croix de Lorraine or sur fond bleu.

En 1907, une deuxième usine est créée à Argenteuil pour produire spécifiquement des voitures de tourisme : Les Lorraine. Lunéville produit toujours du matériel ferroviaire mais aussi des poids lourds et les voitures de course. La marque va d’ailleurs s’illustrer brillamment en compétition dès 1903 lors des courses de ville à ville. Un succès confirmé entre les deux guerres avec la 15 HP (dénommée B3-6 à partir de 1924), l’une des meilleures voitures de course de l’époque.

La première guerre mondiale voit l’entreprise se consacrer à la fabrication de matériel militaire, camions, wagons, blindés mais également moteurs d’avion. Cette dernière activité perdurera après le conflit. L’Oiseau Blanc de Nungesser et Coli disposait ainsi d’un moteur conçu par la société : le Lorraine 12 Eb. L’activité aéronautique va perdurer jusqu’à 1934.

En 1934 débute la production de camions tchèques Tatra sous licence. Puis en 1935 sortent les dernières voitures de tourisme de marque Lorraine (20 HP). S’ensuit une activité uniquement militaire avec la production de chenillettes (modèles 37L et 38L) jusqu’à 1939. L’entreprise est finalement reprise en 1941 par la société de moteurs Gnome et Rhône.

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