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Jusqu’à 19.000 euros de primes à l’achat pour une voiture électrique : une nouvelle arnaque d’État ?

Plus impénétrable que le maquis corse ? Celui de l’administration française. Ainsi, une étude mise en ligne par le site autoactu.com nous apprend-elle qu’à condition d’être malin, il est désormais possible de cumuler jusqu’à 19.000 euros de subventions d’État pour l’achat d’un véhicule électrique ou tout au moins hybride.

Bien sûr, pour passer à la caisse, il convient d’habiter Paris et ses proches environs, sachant que la sauvegarde de la planète est un exercice moins couru dans la France périphérique, celle des ronds-points et des gilets jaunes, qui « fume des clopes et roule au diesel », pour reprendre les mots de Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement et mis en semi-retraite pour les motifs qu’on sait.

Avant de toucher le pactole, il faut évidemment s’armer de patience, à en croire l’étude en question : « Pour obtenir 19.000 euros d’aide, il faut pouvoir cumuler un bonus de 7.000 euros (achat d’un véhicule électrique), une prime à la conversion de 5.000 euros (particulier avec un revenu inférieur à 18.000 euros par part), la prime de “Je roule propre” de la Métropole du Grand Paris de 6.000 euros (revenu inférieur à 6.300 euros par part) et la prime ZFE de l’État de 1.000 euros (habiter une commune dans le périmètre ZFE). »

Avec une telle liste de commissions, le premier venu n’est pas près de prendre le volant ; mais cela peut valoir le coup, sachant qu’une ZOE électrique, flambant neuve et sortie de chez Renault, se négocie autour de 24.000 euros.

On remarquera que cette nouvelle usine à gaz n’est pas sans rappeler celle, déjà instituée par l’État, il y a maintenant quelques décennies, qui poussait la population à rouler au diesel, alors gage de modernité, n’en déplaise au Griveaux évoqué plus haut. Quant au Point de ce lundi 8 juin dernier, il remarque, non sans raison : « En attendant que le site officiel veuille bien préciser toutes les modalités de cette usine à gaz, il n’est pas interdit de penser que des chasseurs de primes achètent un véhicule neuf pour collecter les subventions et le revendent avec un possible bénéfice dans quelques mois. Une clause de détention minimale du véhicule devrait être, par prudence, introduite. »

Bref, c’est la valse de l’argent du contribuable, voulant que celui que l’État nous redistribue ait préalablement été ponctionné sur nos comptes en banques. Ainsi la Ligue de défense des conducteurs vient-elle de pondre une autre étude, tout aussi intéressante, qui nous explique comment la France est le pays quasi champion d’Europe en matière de racket des automobilistes.

Chaque année, le montant cumulé de toutes les taxes est, ici, de 83,9 milliards d’euros, juste derrière l’Allemagne (93,4 milliards d’euros), mais qui compte seize millions d’habitants de plus. En revanche, la note par habitant est plus salée en nos contrées : 1.251,68 euros, contre 1.125,03 euros chez nos voisins d’outre-Rhin.

Tout cela se fait, bien sûr, au nom de l’écologie : l’électricité serait plus propre et plus citoyenne. Mais cette écologie n’est peut-être pas tout à fait bien comprise, sachant que les matériaux nécessaires à la fabrication d’un moteur électrique exigent l’importation de terres rares dont l’exploitation n’est pas toujours marquée au sceau de l’humanisme de progrès… Sans négliger le fait qu’une fois à bout de souffle, on ne sait pas trop bien encore que faire de ces batteries.

Mais comme le tout est subventionné d’importance et bénéficie d’un effet de mode – un peu comme ces éoliennes qui sont dans le vent de l’époque –, peu importe, finalement, tant que l’État peut continuer à nous faire les poches afin de mieux emplir les siennes, percées de longue date.

source Boulevard Voltaire
Nicola Gauthier 
Journaliste, écrivain 

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