Les Journées nationales de l’architecture mettent la réhabilitation à l’honneur pour leur 11e édition, qui se tient d’aujourd’hui à dimanche.
- •Placé sous le thème Réhabiliter : bâtir l’avenir, ce nouvel opus invite le public à regarder autrement les bâtiments qui nous entourent : logements, écoles, équipements sportifs ou locaux professionnels.
- •L’enjeu est de s’interroger sur la manière de conserver leurs qualités tout en les adaptant aux besoins actuels.
- •Selon le ministère de la Culture, la réhabilitation représente aujourd’hui près d’un tiers de l’activité des architectes.
- •Elle permet notamment de limiter la consommation de ressourceset de redonner des usages à des espaces déjà construits.
- •Le programme commence dès aujourd’hui avec l’opération Levez les yeux !, pensée pour les scolaires, qui invite les enseignants à accompagner leurs élèves pour découvrir l’architecture et le cadre de vie près de chez eux.
- •De nombreux sites patrimoniaux de la capitale ouvrent leurs portes et prévoient des animations pour l’occasion. C’est le cas du Beffroi du Louvre (1er), de la Maison de Victor-Hugo (4e) ou de l’Institut du monde arabe (5e).
- •Des bâtiments spécialisés et des lieux de formation, comme le Centre d’archives d’architecture contemporaine (18e) ou la Cité de l’architecture et du patrimoine (16e) ainsi que des réalisations emblématiques de la capitale, comme l’Immeuble Mouchotte (14e) ou la Fondation Le Corbusier (16e), participent également.
- •Plus d’une centaine de rendez-vous sont recensés sur cette carte.
- •Le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Paris (CAUE) met régulièrement en place des parcours urbains permettant d’en apprendre plus sur l’histoire des bâtiments.
- •Dans la capitale, un nouveau tracé qui explore le logement dans le quartier de La Villette (19e) est proposé.
- •Il s’accompagne d’une balade commentée prévue dimanche.
Dans la continuité de l’exposition présentée depuis début juin à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (4e), un ouvrage photographique intitulé C’était Paris en 1970 est publié aujourd’hui aux Éditions Tallandier. Il raconte en images le quotidien de la capitale il y a 56 ans.
- •L’ouvrage est issu d’un fonds photographique exceptionnel, constitué en 1970 et comprenant près de 100 000 clichés pris par des Parisiens dont 30 000 en couleur.
- •Il a été imaginé dans la continuité du parcours de la Bibliothèque historique de la Ville et préparé par la commissaire de l’exposition, Juliette Eyméoud, l’éditeur Jean-Marie Donat et l’animateur de radio et de télévision Antoine de Caunes.
- •« Nous avons sélectionné 300 photographies dans l’idée d’avoir une représentativité du fonds, même si nous ne présentons qu’une partie infime de celui-ci et seulement des images en couleur », détaille Juliette Eyméoud.
- •« On a choisi de mettre en avant des photos humanistes, avec des Parisiens, de la vie », complète-t-elle.
- •Le livre permet de découvrir ainsi des scènes du quotidien, entre marchés, promenades dans les rues et conversations sur les bancs publics, dans une capitale qui semble « plus populaire que le Paris qu’on connaît aujourd’hui », raconte Juliette Eyméoud.
- •La commissaire note aussi plusieurs différences avec le Paris actuel : « On avait beaucoup plus d’espaces d’insalubrité, mais aussi une place beaucoup plus importante de l’automobile, qui envahissait l’espace public jusqu’à l’intérieur des gares ».
- •Les photographies témoignent aussi de la liberté des enfants, que l’on voit jouer en bandes dans les rues, les cours d’immeubles ou les terrains vagues, souvent sans aucun adulte à proximité.
- •« Notre idée n’est pas de dire que c’était mieux avant, mais ces instantanés réveillent souvent les souvenirs des Parisiens qui ont connu cette époque », concède la cosignataire.
- •Focalisé sur les images, l’ouvrage contient des légendes précisant par qui et où ont été prises les photographies.
- •Il s’ouvre aussi sur une préface d’Antoine de Caunes, âgé de 17 ans en 1970 et qui sillonnait la ville en tant que livreur à mobylette pour un cabinet de radiologie. Il raconte ses souvenirs de la capitale et la naissance de sa passion pour la photographie.
- •Enfin, il contient également une mise en contexte du projet par Juliette Eyméoud ainsi qu’une postface de Jean-Marie Donat offrant un autre regard sur cette plongée dans le Paris des années 1970.
En savoir plus : C’était Paris en 1970, Éditions Tallandier, 39 €.
Aux portes de Paris, le Château de Vincennes (94) se métamorphose à la tombée de la nuit, dès aujourd’hui et jusqu’au 8 novembre, avec la 2e édition du festival Nuits de Lumière. Des installations lumineuses d’une quinzaine d’artistes contemporains mettent en valeur le site et son histoire.
- •Initié par la ville de Vincennes, ce projet est conçu comme une déambulation libre d’environ 1h30, permettant de découvrir à son rythme le château et les installations artistiques qui sont réparties dans ses espaces.
- •« Notre proposition porte une dimension patrimoniale centrale : le site n’est pas qu’un support, mais est lui-même révélé et mis en avant par les oeuvres », explique Régis Clouzet, fondateur de L’Agence Lumière et vainqueur de l’appel d’offres pour l’organisation de ce festival.
- •Spécialisé dans la mise en lumière d’espaces publics, comme la Tour Montparnasse (14e) ou le Fort Saint-Jean de Marseille, le professionnel a cette fois fait face à un nouvel enjeu : « Nous voulions sortir des projections traditionnelles pour créer un parcours global intégrant tous les éléments du château et des créations visuelles variées ».
- •Une quinzaine d’œuvres, réalisées par des artistes d’envergure internationale, dialoguent entre elles et avec les espaces.
- •Le visiteur est invité à pénétrer le monument par son entrée principale, puis à suivre un parcours naturel qui propose à la fois des moments de contemplation et de l’interactivité.
- •« Les participants pourront notamment dessiner avec la lumière, ou voir leurs visages mêlés à des tableaux, détaille Régis Clouzet. Nous avons souhaité une vraie diversité des propos artistiques ».
- •Des contreforts de la Sainte-Chapelle au donjon, et des rempartsà la façade du Pavillon du Génie, tous les éléments architecturaux sont mis en avant et prennent vie.
- •Un moment léger et humoristique est aussi au rendez-vous, avec des toiles animées et des chansons populaires. « On a envie que les gens sortent de la soirée avec la banane », espère le directeur artistique du projet.
- •En fin de balade, un mapping grand format raconte en une quinzaine de minutes l’histoire du château de Vincennes, en utilisant des archives.
- •Pour prendre le temps d’apprécier le moment, des stands de petite restauration sont aussi accessibles.
Y aller : Avenue de Paris, Vincennes (94). Du jeudi au dimanche jusqu’au 8 novembre. De 19h30 à 23h jusqu’au 24 octobre, puis de 18h30 à 23h. Billetterie ici, 18 € plein tarif.
Le musée de la Chasse et de la Nature (3e) présente Ce qui reste, une exposition du peintre et sculpteur Lionel Sabatté qui transforme poussière, rouille et peaux mortes en œuvres inédites, d’aujourd’hui au 21 février prochain.
- •Et si les résidus disgracieux de notre quotidien racontaient aussi la vie ? Depuis plus de 20 ans, Lionel Sabatté, figure majeure de l’art contemporain, explore les transformations de la matière.
- •Sous les mains de l’artiste, poussière, laine, ciment, peaux mortes, fragments d’ongles et rouille se métamorphosent en peintures, dessins, sculptures et tapisseries.
- •« Au cœur de son travail, l’oxydation, soit la réaction du fer et de l’oxygène, fait naître des compositions où la rouille et les pigmentsdeviennent les traces visibles d’une matière en perpétuel changement », explique le musée.
- •Le parcours s’inscrit dans la continuité du travail de ce musée qui explore les relations entre l’être humain et le monde animal à travers des œuvres d’art et des collections naturalistes.
- •Ce cadre offre un terrain d’expression idéal à Lionel Sabatté, qui détourne les figures familières du musée. Ainsi, les chiensredeviennent loups, les brebis des créatures sauvages et les oiseaux se transforment en paysages.
- •En parcourant les salles, le visiteur découvre ainsi un catalogue de créatures composites qui « brouillent les frontières entre règne animal, végétal et humain », résume le musée fondé en 1967 par André Malraux dans l’hôtel de Guénégaud (3e).
- •L’exposition se prolonge au-delà des œuvres avec une programmation qui invite à multiplier les regards.
- •Le 6 novembre à 19h, une conversation consacrée à l’exposition réunira Lionel Sabatté et la philosophe belge Vinciane Despret.
- •Parallèlement, les amateurs de littérature pourront découvrir du 16 novembre au 16 décembre les lectures théâtralisées Zoologiques d’Éric Chevillard, qui a co-signé avec Lionel Sabatté l’ouvrage Chimères de rouille et de poussière en 2020.
- •Un ciné-club imaginé par l’artiste propose également 3 séances, dont la première projettera le film Silent Friend d’Ildikó Enyedi, qui traverse le temps à travers le témoignage silencieux d’un vieil arbresitué dans le jardin botanique d’une université allemande.
Y aller : 62 rue des Archives, 3e. Du mardi au dimanche de 11h à 18h (21h30 le mercredi). Billetterie ici, 11,50 €.
Installé rue Caulaincourt (18e) depuis plus de 40 ans, le vidéo-club de la Butte est l’un des derniers de la capitale encore en activité. Christophe Petit, qui le dirige depuis 2003, raconte son parcours et son quotidien.
Enfant du quartier, Christophe Petit a découvert le vidéo-club de la Butte en tant que client. Créé dans les années 1980, le lieu est un espace privilégié par tout Montmartre pour se procurer des cassettes de films. « Je venais ici depuis mes 14 ans, avant tout parce qu’il y avait un fonds de catalogue très riche », explique-t-il. Le passionné de cinéma commence d’abord sa vie professionnelle en tant que musicien, tout en travaillant comme commercial pour subvenir à ses besoins.
« Un jour, en 2003, alors que je viens de me faire licencier, je passe prendre une cassette au vidéo-club. Le gérant du lieu, qui n’avait pas vraiment pris le tournant du DVD, m’annonce qu’il va fermer boutique, et je me suis dit que ça pouvait être une opportunité », se souvient-il. Avec sa compagne, ils rassemblent leurs économies pour racheter l’établissement et parviennent à redresser la barre grâce à desinvestissements permanents dans les DVD.
Depuis, la façon de consommer des films a bien changé. Le téléchargement illégal s’est développé, puis les plateformes de streaming sont apparues. Ces dernières années, la démocratisation du télétravail a également éloigné des commerces de quartier de nombreux clients. Au fil des années, les vidéo-clubs ont fermé les uns après les autres, n’en laissant qu’une trentaine sur tout le territoire français, dont quelques-uns à Paris.
« Ici, en 40 ans, nous n’avons pas changé les prix », tranche Christophe Petit. La location d’un film, qui coûtait 24 francs au début des années 1990, coûte aujourd’hui 4 €, un montant similaire. « On est redevenus moins chers que la vidéo à la demande », note-t-il. Et la collection, elle, n’a fait que se développer. « Nous avons un catalogued’environ 25 000 films, avec tout le cinéma français et américain, une sélection d’œuvres du monde entier et les dernières nouveautés 3 mois après leur sortie en salles ». Celui qui fourmille d’anecdotes sur les films, les réalisateurs et les acteurs n’oublie pas de préciser que « le vidéo-club reste un lieu de conseil, de partage, d’échange et de rencontres ».
Prisé des amateurs du quartier, le lieu l’est aussi de quelques professionnels et conserve pour eux des VHS difficilement trouvables ailleurs. C’est en partie cette attache locale qui explique que le commerce soit encore en activité. « Le marché de la vente de DVD a plusieurs fois évolué, et le métier n’est pas tous les jours facile. Après le Covid, il y a eu un grand élan de solidarité qui nous a permis de continuer et de nous stabiliser, même si ça reste une bataille quotidienne », confie Christophe Petit.
Une cagnotte collaborative a été créée pour compenser l’absence d’activité, et des clients ont monté une association qui organise projections, débats et rencontres avec des réalisateurs dans le fond du local, réaménagé en conséquence, et en lien avec le Club 13 (8e). Récemment, l’acteur Guillaume Marbeck est par exemple venu en dédicace pour son rôle dans Nouvelle Vague, de Richard Linklater. « Ce sont aussi des moments comme ça qui permettent de garder la flamme », conclut le gérant.
Y aller : 49 Rue Caulaincourt, 18e. Ouvert tous les jours de 14h à 21h.
Danse. La danseuse étoile Dorothée Gilbert fait ses adieux à la scène au Palais Garnier (9e), après plus de deux décennies à l’Opéra de Paris. À 43 ans, elle prend sa retraite selon le règlement de l’institution, bien qu’elle ait obtenu une année de sursis pour sa dernière représentation.
Comédie-Française. La salle Richelieu (1er) rouvre ses portes au public après plus de 6 mois de travaux. Le plancher de scène a été entièrement renouvelé, la régie modernisée et les espaces historiques restaurés, dont l’escalier d’honneur et le foyer Pierre-Dux.
Associations en crise. Le secteur associatif sanitaire et social est appelé à se mobiliser toute la semaine pour protester contre les réductions budgétaires qui menacent leurs activités. Un rassemblement est prévu à 12h ce jeudi place Jacques-Bainville (7e) en ce sens.
