L’inventeur de la sociologie, Gustave Le Bon.
Gustave Le Bon naît en 1841 et révèle très tôt un esprit délié et curieux de tout, comme en témoigne une oeuvre foisonnante et particulièrement éclectique (civilisations, lois psychologiques, opinions et croyances, guerre, évolution de la matière…). Mais c’est son analyse, brillante et acérée, de la psychologie des foules qui le rend incontournable encore aujourd’hui. Docteur en médecine à 25 ans, Le Bon voyage énormément et sa vision « organiciste » le fait évoluer, dès 1881, de préoccupations médicales à l’examen minutieux des sciences sociales ; il glisse assez rapidement de l’anatomie à l’anthropologie « biologique », puis à l’anthropologie sociale (autrement dit à la sociologie).
Fondant sa réflexion sur la théorie de la « race historique » et la » constitution mentale des peuples » (rôle de l’irrationnel), Le Bon va s’employer à disséquer le mécanisme de propagation des idées, ses conséquences et analyser les phénomènes de contagion, suggestion, affirmation et prestige dans la constitution de la psychologie des foules. Grand admirateur de Taine, Il va également démontrer l’importance de la race, du milieu ( influence de sa variation sur la personnalité) et du moment. Le Bon va au reste souligner la prépondérance de l’unité de la personnalité, la dichotomie intelligence/caractère, les différentes logiques (rationnelle, biologique, sentimentale et mystique), le rôle des idées et croyances (le besoin de croire)…
L’ouvrage de Catherine Rouvier est remarquable, car il restitue avec méthode et fidélité la pensée ô combien féconde et limpide d’un visionnaire de très grande envergure.
Une lecture indispensable.
Arnaud Robert.
ar@infos75.com
Éditions TerraMare
Gustave Le Bon
Préface de Paul-Marie Couteaux
312 pages
19,90 euros
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